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Rentrée scolaire 2026-2027 : la pression économique pèse sur les familles

À moins de trois semaines de la rentrée scolaire 2026-2027, fixée au 7 septembre prochain, l’effervescence qui marque habituellement cette période tarde à se manifester dans les librairies et commerces de fournitures scolaires de Yaoundé.

Si les parents sont présents dans les points de vente, les achats demeurent timides. La conjoncture économique actuelle impose aux ménages une gestion serrée de leur budget, à l’heure où les dépenses liées à la scolarité s’annoncent particulièrement lourdes. Cahiers, manuels, sacs à dos, chaussures, tenues et autres fournitures figurent parmi les postes de dépenses incontournables. « Généralement, en plein mois d’août, il y a souvent beaucoup de mouvements ici. Les parents se bousculent pour être servis, surtout le matin et le soir après 18 h. On n’a pas encore atteint les niveaux habituels. Les choses vont beaucoup mieux qu’au mois de juillet, mais ce n’est pas encore ça », indique Bérénice, employée d’une librairie à Essos, dans le 5ᵉ arrondissement de Yaoundé. Les prix des articles sont pourtant variables sur le marché grâce à la montée en puissance du commerce électronique au Cameroun. Cela implique la prolifération des cartables scolaires, des accessoires divers, des chaussures et vêtements, entre autres. À cela s’ajoute la disponibilité des manuels et fournitures scolaires. Ces améliorations sur le marché de l’offre ne suffisent cependant pas à mettre toutes les bourses en confiance. Les parents présents privilégient l’essentiel et procèdent à des comparaisons de prix avant tout achat.

Certains repartent avec une partie seulement de la liste scolaire, faute de ressources suffisantes. « La rentrée scolaire arrive et ce n’est pas facile pour les parents. L’école va commencer le 8 et nous, on n’a même pas encore l’argent. On va faire comment ? C’est difficile, vraiment difficile », confie un parent rencontré dans une librairie de Yaoundé. Cette réalité traduit les difficultés de nombreux foyers, contraints d’arbitrer entre les dépenses scolaires et les autres charges du quotidien. Pour les ménages ayant plusieurs enfants scolarisés, l’acquisition progressive du nécessaire, le recours aux fournitures de seconde main ou à la réutilisation du matériel de l’année précédente devient une nécessité. Du côté des commerçants, l’inquiétude est également perceptible. Malgré l’approche de la rentrée, les ventes ne suivent pas le rythme espéré. « Le dehors est hyper sec. Parfois, nous pouvons marcher toute la journée sans finir les stocks que nous avions prévu de vendre durant la journée. C’est dur, c’est fort. À d’autres moments aussi, tu sors et avant la fin de l’après-midi, tu as déjà écoulé beaucoup de sacs tout simplement parce que tu es obligé de vendre à bas prix. Les parents veulent des sacs de 2 000 F. Quand un client accepte de donner 4 000 F, c’est qu’il a bien payé. À 5 000 F déjà, ils ne veulent pas », témoigne un vendeur ambulant, soulignant les difficultés du secteur. À Yaoundé, la rentrée scolaire 2026-2027 s’annonce ainsi sous le signe de la prudence. Si les parents entendent offrir à leurs enfants les meilleures conditions pour reprendre le chemin de l’école, les réalités économiques les obligent à revoir leurs dépenses. Chacun cherche encore la meilleure manière de remplir les cartables sans déséquilibrer davantage le budget familial. Dans les librairies comme dans les étals et les foyers, le sentiment trouble dû à l’imminence de la rentrée accompagne désormais chaque pas.

Gaëlle Atangana (stagiaire)

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