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Lionnes indomptables : le MRC accuse le RDPC de préparer des « fraudes exceptionnelles »

Alors que le parti au pouvoir multiplie les réunions stratégiques en vue des élections législatives et municipales de 2027, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) tire la sonnette d’alarme. Entre mobilisation interne et soupçons réciproques, le débat électoral s’annonce déjà tendu.

Maurice Kamto, président national du MRC

Le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) a réuni son état-major au Palais des Congrès de Yaoundé 22 juillet 2026. Sous la direction de Jean Nkuete, secrétaire général du Comité central, le parti a fixé les priorités pour les prochaines échéances. Il compte renforcer la communication locale, mobiliser les militants et, surtout, « maîtriser le fichier électoral ». L’objectif affiché est une « large victoire » aux législatives et municipales reportées à début 2027.

Quelques jours plus tard, le MRC a réagi avec virulence. Roger Justin Noah, secrétaire général adjoint du parti, a qualifié cette réunion d’« aveu de panique ». Selon le communiqué du MRC, le RDPC « se sait condamner par les urnes » et s’apprêterait à déployer « tous les moyens, y compris illégaux » pour conserver arbitrairement sa majorité à l’Assemblée nationale. Le parti d’opposition cite nommément plusieurs institutions dont le MINAT, ELECAM et le Conseil constitutionnel qui seraient mobilisées pour « voler le scrutin ».

Ces accusations s’inscrivent dans un contexte de confiance déjà fortement érodée. Lors de la présidentielle d’octobre 2025, Paul Biya avait obtenu 53,66 % des voix, soit une baisse significative par rapport aux 71,28 % de 2018. L’opposition avait dénoncé de nombreuses irrégularités, et la candidature de Maurice Kamto avait été invalidée. Le MRC rappelle également les contestations de 2018 et estime que le scénario pourrait se répéter, cette fois avec une ampleur accrue.

Du côté du RDPC, le discours est tout autre. Le parti met en avant la nécessité de se préparer sérieusement après une présidentielle marquée par une érosion de son score, notamment dans la diaspora. Jean Nkuete a insisté sur la discipline et l’efficacité sur le terrain. Pour les responsables du parti au pouvoir, les accusations du MRC relèvent de la rhétorique classique d’une opposition qui peine à capitaliser sur le terrain.

Le contexte politique global rend ces tensions particulièrement sensibles. L’absence prolongée de Paul Biya depuis le 7 juin 2026 et les spéculations autour de la succession créent un climat d’incertitude. Dans ce cadre, les élections locales de 2027 apparaissent comme un enjeu de survie pour le système en place, autant qu’une opportunité pour l’opposition de mesurer sa capacité de mobilisation.

Le MRC appelle les Camerounais à s’inscrire massivement sur les listes électorales avant la clôture de la révision annuelle, fixée fin août 2026. Mais le parti traverse lui-même des turbulences internes, avec des contestations judiciaires de la légitimité de Maurice Kamto à sa tête. Un front uni de l’opposition reste, pour l’heure, hypothétique.
Au-delà des accusations et des contre-accusations, une question centrale se pose : dans un pays où le fichier électoral a longtemps été source de contentieux et où les prorogations de mandats se sont multipliées, comment garantir la crédibilité du scrutin de 2027 ? Pour l’instant, le bras de fer est engagé, et les prochains mois diront si les urnes pourront réellement trancher.

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