CEEAC-BAD : 2031, l’horizon fixé pour accélérer l’intégration de l’Afrique centrale

L’Afrique centrale se donne cinq ans pour changer de rythme. Réunis à Libreville, au Gabon, du 20 au 22 juillet, des responsables et experts du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) et de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) ont arrêté une feuille de route destinée à accélérer l’intégration régionale à l’horizon 2031. La BAD a rendu publique cette orientation dans un communiqué publié le 25 août.

L’échéance n’est pas symbolique. Elle correspond au terme du prochain Document de stratégie d’intégration régionale pour l’Afrique centrale (DSIR-AC 2026-2031). Cette stratégie devra notamment assurer la cohérence entre les interventions de la BAD et le Plan stratégique indicatif à moyen terme (PSIMT) 2026-2030 de la CEEAC.
L’enjeu consiste désormais à passer des intentions aux infrastructures. La feuille de route prévoit la création d’un Comité technique conjoint CEEAC-BAD et l’instauration d’un dialogue annuel de haut niveau. Elle prévoit également d’améliorer la maturation des projets régionaux et de faire participer systématiquement la CEEAC à la préparation des projets impliquant plusieurs pays.
Cette méthode vise un objectif économique précis : réduire les obstacles qui freinent encore la circulation des marchandises, des capitaux et de l’énergie dans la sous-région. D’ici 2031, les deux institutions veulent ainsi accélérer le développement de corridors économiques multimodaux, renforcer les interconnexions énergétiques et favoriser l’émergence de pôles industriels régionaux de transformation.
Le pari est celui des chaînes de valeur. En développant des infrastructures communes, l’Afrique centrale entend accroître ses échanges intra régionaux et permettre à ses économies de mieux valoriser leurs ressources. L’objectif est aussi de renforcer leur compétitivité dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Pour Nouridine Kane Dia, représentant pays du Groupe de la BAD au Gabon, la nouvelle stratégie régionale doit précisément « soutenir l’accélération de la mise en œuvre de la ZLECAf en Afrique centrale » grâce à des infrastructures régionales inclusives et résilientes.
Le point de départ est conséquent. Au 31 juillet 2026, le portefeuille régional du Groupe de la BAD en Afrique centrale comptait 37 opérations, représentant 1,69 milliard de dollars de financements. L’enjeu du prochain quinquennat sera donc moins de multiplier les annonces que de transformer ce portefeuille en réalisations capables de modifier durablement les échanges régionaux.
À l’horizon 2031, la BAD et la CEEAC veulent ainsi faire de l’intégration régionale un levier de croissance plutôt qu’un simple objectif institutionnel. Le calendrier est fixé. Reste désormais à faire circuler les projets aussi vite que les ambitions.
B. O



