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Féminicides : Félix Mbarga Mbarga veut briser le silence

À Yaoundé, le jeune politicien du RDPC a décidé de mettre les violences faites aux femmes sous les projecteurs. Avec une conviction : face à la série de décès des femmes, la société ne peut plus rester spectatrice.

Il y avait, dans la salle, ce mélange singulier de gravité et d’attention que provoquent les sujets dont personne ne souhaite vraiment parler, mais que tout le monde connaît. À Yaoundé, Félix Mbarga Mbarga, jeune politicien du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), a consacré une conférence à un mal qui s’installe dans le quotidien avec une brutalité glaçante : les féminicides.

Costume tiré par quatre épingles, discours ferme, l’homme politique a appelé les acteurs sociaux à prendre leurs responsabilités. Familles, voisins, associations, autorités administratives et traditionnelles, responsables politiques ou religieux : tous doivent, selon lui, contribuer à prévenir les violences et surtout à les dénoncer. « Une femme ne doit pas avoir à attendre que le drame arrive pour que la société découvre qu’elle était en danger », pourrait-il résumer dans une formule qui donne le ton de son intervention.

Le féminicide ne commence pas toujours par un coup fatal. Il peut être précédé de menaces, de violences physiques, d’humiliations, de harcèlement ou d’un contrôle devenu obsessionnel. Autant de signaux qui, trop souvent, passent sous le radar collectif. On préfère parfois parler de « problèmes de couple », comme si cette formule magique suffisait à transformer une violence en querelle domestique. « Le silence protège rarement la victime. Il protège surtout celui qui fait peur », aurait encore martelé le conférencier.

Pour Félix Mbarga Mbarga, le combat dépasse donc les seules institutions. Il doit s’inscrire dans les comportements ordinaires. Entendre un cri derrière une porte, constater des violences répétées dans son voisinage ou recueillir la confidence d’une femme menacée ne devrait pas conduire à hausser les épaules. La fameuse formule camerounaise « ça ne nous regarde pas » trouve ici ses limites. Lorsqu’une vie est en jeu, elle devient même dangereuse.

Le jeune militant du parti au pouvoir au Cameroun veut ainsi encourager une culture de l’alerte et de la prévention. « Dénoncer n’est pas détruire une famille. C’est parfois empêcher qu’une famille soit détruite », aurait-il insisté devant les participants.
Cette mobilisation intervient dans un contexte où les violences faites aux femmes continuent de susciter l’inquiétude au Cameroun. Derrière les chiffres, il y a des mères, des filles, des épouses, des sœurs. Et surtout des vies interrompues.

Avec cette prise de parole, Félix Mbarga Mbarga entend faire du combat contre les féminicides une affaire collective. Un combat où la politique peut avoir son mot à dire, mais où la citoyenneté doit surtout passer à l’action. Car lorsqu’une femme est menacée, le plus mauvais réflexe reste encore celui qui consiste à regarder ailleurs. Même avec beaucoup d’élégance.

Olivier Mbessité

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