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« MBOA CITY » : les communes misent sur le numérique pour rapprocher les citoyens des décisions

Le Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (Feicom) a officiellement réceptionné, le 15 octobre à Yaoundé, l’application « Mboa City » et le Guide de la participation citoyenne. Portés avec l’appui d’Expertise France, ces outils ambitionnent de faire du citoyen un acteur central de la gouvernance locale et d’accompagner les communes dans leur transition vers une gestion plus participative.

Dans une salle réunissant responsables administratifs, élus locaux et partenaires techniques, la cérémonie de rétrocession de l’application « Mboa City » et du Guide de la participation citoyenne marque une étape supplémentaire dans le processus de décentralisation au Cameroun. Développés grâce à un appui financier et technique d’Expertise France évalué à 40 000 euros, soit environ 26 millions de FCFA, ces deux outils accompagnent désormais les collectivités territoriales dans leur gestion quotidienne.
L’application n’est pas développée dans les bureaux des administrations centrales uniquement. Elle est expérimentée dans les communes de Dschang et de Soa, notamment autour de la problématique de la gestion des déchets. Concrètement, elle permet aux citoyens de signaler des difficultés observées dans leur environnement, de consulter les projets locaux en cours et de contribuer à leur élaboration. Les exécutifs municipaux peuvent de leur côté, lancer des consultations publiques et recueillir plus rapidement les avis des habitants.

Au-delà de l’outil numérique, les autorités mettent en avant une vision plus large de la gouvernance locale. Le Guide de la participation citoyenne a été élaboré pour servir de référence aux élus, cadres communaux et acteurs du développement territorial. Il propose des mécanismes destinés à renforcer l’implication des populations dans les décisions qui touchent leur quotidien. « La décentralisation ne peut produire tous ses effets que si les citoyens participent eux-mêmes à la définition des priorités locales », affirme un cadre du ministère de la Décentralisation et du Développement local. Selon lui, ce guide doit permettre aux communes de mieux structurer les consultations publiques, les débats communautaires et les mécanismes de redevabilité.

Pour plusieurs responsables municipaux, l’un des principaux avantages de « Mboa City » réside dans l’accès à des informations directement remontées par les habitants. À Soa, une élue municipale interrogée à l’issue de la cérémonie considère que cette plateforme peut contribuer à améliorer l’efficacité de l’action communale. « Les besoins exprimés par les populations ne correspondent pas toujours à ceux que nous identifions depuis nos bureaux. Avoir des retours directs peut nous aider à mieux hiérarchiser les urgences », souligne-t-elle. Les autorités espèrent ainsi disposer d’un instrument permettant d’orienter les investissements locaux sur la base des préoccupations réelles des citoyens.

Si l’initiative suscite de l’intérêt, plusieurs observateurs appellent toutefois à la prudence. Pour l’expert en gouvernance locale Aristide Nana, le succès du projet dépendra largement de son appropriation par les populations. « Le numérique peut renforcer la participation citoyenne, mais seulement si les citoyens ont accès aux outils et disposent des compétences nécessaires pour les utiliser », analyse-t-il.

Au-delà de la phase pilote, les autorités envisagent une extension progressive du dispositif à d’autres communes du pays. Mais plusieurs acteurs soulignent que la pérennité du projet nécessitera des ressources financières, des formations et un accompagnement technique continu.
Avec « Mboa City », le Cameroun ouvre un nouveau chapitre de sa décentralisation en intégrant davantage le numérique dans la gestion des affaires locales.

Tom

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