C2D à Douala : 20 ans d’investissements au service de la transformation urbaine
Voiries réhabilitées, quartiers désenclavés, drainage pluvial : deux décennies de coopération franco-camerounaise ont contribué à améliorer le cadre de vie dans la capitale économique, illustrant la portée d’un partenariat tourné vers le développement.

À Douala, le développement prend parfois la forme d’une route retrouvée, d’un quartier mieux accessible ou d’un drain capable de guider les eaux de pluie loin des habitations. Vingt ans après son lancement, le Contrat de désendettement et de développement (C2D) s’inscrit dans cette dynamique de transformation urbaine, avec des investissements qui témoignent de la continuité de la coopération entre le Cameroun et la France.
À l’occasion de cet C2D volonté politique est déterminante, mais elle doit être accompagnée d’une capacité d’exécution. Les dirigeants doivent accepter que certaines décisions communautaires nécessitent des ajustements dans les politiques nationales, les procédures administratives et les priorités budgétaires.
Le marché commun suppose également une certaine confiance entre les États. Chacun doit être convaincu que les règles seront appliquées de façon suffisamment équitable et que les bénéfices de l’intégration ne seront pas captés par quelques économies seulement.
Il faut donc travailler sur les mécanismes de compensation, le renforcement des capacités productives et l’accompagnement des secteurs les plus exposés à la concurrence. L’objectif n’est pas de supprimer les intérêts nationaux, mais de les articuler autour d’un intérêt régional partagé. Le bilan des réalisations met en lumière une ambition : faire du développement un acquis perceptible dans la vie quotidienne des populations.
Des investissements structurants
Le programme C2D-Urbain affiche une enveloppe annoncée de 56,5 milliards de FCFA pour accompagner la réhabilitation des voiries, le désenclavement des quartiers et l’aménagement des espaces publics. Des interventions concernant notamment les avenues Ahmadou Ahidjo et Roger Milla, ainsi que des voies de desserte à Ndogbong, Bépanda Yoyong et Makèpè Missokè, participent à cette volonté d’améliorer la circulation et l’accessibilité dans la métropole économique.
Le drainage pluvial constitue un autre pilier de cette action. Évalué à 109,25 milliards de FCFA, ce projet bénéficie d’un financement combinant une subvention C2D de 11,81 milliards, un prêt de 73,46 milliards de l’Agence française de développement (AFD) et une contribution de 23,98 milliards de l’État camerounais. Plus de 47 kilomètres de drains construits illustrent l’ampleur des aménagements engagés pour favoriser l’évacuation des eaux pluviales et renforcer la résilience urbaine.
Ces réalisations traduisent l’intérêt d’une approche qui associe investissements, coopération institutionnelle et amélioration des services urbains. Dans les quartiers concernés, les témoignages de riverains font état d’un cadre de vie amélioré, notamment grâce à une meilleure gestion des eaux et à l’accessibilité de certains secteurs. Autant d’évolutions qui donnent une dimension humaine aux chiffres de l’investissement.
La durabilité en ligne de mire
La réussite de ces aménagements ouvre également une nouvelle perspective : celle de leur préservation. L’entretien régulier des drains, la gestion des déchets et la mobilisation des acteurs locaux constituent des conditions essentielles pour pérenniser les acquis. À Douala, où les fortes pluies mettent régulièrement les infrastructures à l’épreuve, chaque ouvrage fonctionnel représente un atout supplémentaire pour la sécurité des habitants et la continuité des activités économiques.
Au-delà des routes et de l’assainissement, le C2D accompagne également des initiatives dans des secteurs comme la santé, l’agriculture et la formation professionnelle. Après vingt ans, cette coopération offre ainsi une illustration du rôle que peuvent jouer les financements de développement lorsqu’ils s’inscrivent dans la durée et répondent aux besoins des territoires.
À Douala, le bilan célèbre donc bien davantage que des kilomètres de routes et de drains. Il met en lumière une dynamique d’investissement au service de la ville et de ses habitants. Et si le développement ne se mesure pas seulement en milliards, il se reconnaît aussi à ces changements qui rendent le quotidien plus praticable : une rue plus accessible, un quartier mieux desservi, une pluie moins redoutée. Une ambition qui mérite de se poursuivre et de consolider, au fil des années, les acquis de ces deux décennies.
Jean -René Meva’a Amougou



