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FIAPMA 2026 : une foire pour relancer l’Extrême-Nord

Du 14 au 19 décembre 2026, Maroua accueillera la première édition de la Foire internationale agropastorale de Maroua (FIAPMA). Initiée par le Conseil régional de l’Extrême-Nord avec l’appui du Programme spécial de reconstruction et de développement de l’Extrême-Nord (PSRDEN), la manifestation ambitionne de faire de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et de l’agroalimentaire des moteurs de croissance.

Bandeau d’annonce officielle du FIAPMA 2026

À moins de deux mois de son ouverture, la Foire internationale agropastorale de Maroua suscite déjà de nombreuses attentes dans l’Extrême-Nord. Pendant six jours, producteurs, éleveurs, transformateurs, commerçants, institutions publiques et partenaires économiques sont appelés à se retrouver dans la capitale régionale autour d’une ambition commune : faire de l’économie un levier de résilience et de développement.

Dans une région confrontée aux effets du changement climatique, aux défis sécuritaires et à la fragilité de certains secteurs productifs, les organisateurs espèrent faire de cet événement bien plus qu’une simple vitrine commerciale. « La FIAPMA est pensée comme un cadre de valorisation des savoir-faire locaux et de promotion des investissements dans les filières agropastorales », explique Hamadou Adji, commissaire de la foire et président de la Confédération nationale des éleveurs de bétail du Cameroun (CNEBCAM). « Notre ambition est de faire de Maroua un point de rencontre régional et international pour les acteurs des systèmes agropastoraux ».

Le potentiel de l’Extrême-Nord
Avec son importante production céréalière, son cheptel parmi les plus importants du pays et ses activités halieutiques, l’Extrême-Nord demeure l’une des principales zones de production agropastorale du Cameroun. Pourtant, de nombreux acteurs estiment que ce potentiel reste insuffisamment exploité. Moussa Yaya, producteur de sorgho dans le département du Mayo-Sava pense que la foire représente une occasion de rendre visibles les réalités du terrain. « Parfois nous produisons beaucoup mais souvent nos produits ne dépassent pas les marchés locaux », explique-t-il. « Lorsque les acheteurs viennent directement rencontrer les producteurs cela ouvre de nouvelles perspectives. Nous espérons trouver des partenaires capables de nous accompagner pour écouler davantage nos récoltes ».

De nombreux opérateurs économiques soulignent que l’Extrême-Nord produit des matières premières importantes mais qu’une partie de la valeur ajoutée est encore créée ailleurs faute d’industries de transformation suffisamment développées. « Nous ne pouvons plus nous contenter de vendre uniquement des produits bruts », affirme Abdoulaye Bello, entrepreneur dans l’agroalimentaire à Maroua. « Lorsqu’on transforme le mil, le maïs, le lait ou la viande sur place, on crée davantage d’emplois et on conserve une plus grande part des revenus dans la région ».

Les 200 stands annoncés devraient permettre aux visiteurs de découvrir des initiatives locales dans les domaines de la transformation, du conditionnement, du stockage et de la commercialisation. Pour les promoteurs de Petites et Moyennes Entreprises (PME), la foire constitue une opportunité de rencontrer des fournisseurs, des investisseurs et de potentiels clients. « Nous recherchons avant tout des débouchés durables », souligne Ramatou Haman, responsable d’une unité artisanale de transformation de produits agricoles. « Si les contacts noués pendant la foire se traduisent par de vrais contrats cela peut changer la dimension de nos activités ».

Tourné vers un marché sous-régional
Au-delà du marché local, les organisateurs misent sur la position stratégique de Maroua au cœur du bassin du lac Tchad. La participation attendue d’opérateurs économiques venus de plusieurs pays voisins nourrit l’espoir d’un renforcement des échanges transfrontaliers. « L’Extrême-Nord ne doit pas être perçu uniquement comme une région périphérique », estime l’universitaire Hamadou Adji. « Sa position géographique lui permet de devenir une plateforme importante d’échanges commerciaux entre plusieurs pays de la sous-région notamment le Tchad et le Nigeria ».

Le thème retenu pour cette première édition, « L’Extrême-Nord face au défi climatique et de l’insécurité alimentaire », reflète les préoccupations des producteurs. Dans plusieurs départements, les aléas climatiques ont modifié les calendriers agricoles et fragilisé les systèmes de production. L’on constate de plus en plus d’irrégularités dans les pluies. Les producteurs ont besoin d’informations, de formations et d’équipements adaptés pour continuer à produire dans de bonnes conditions. Les organisateurs du FIAPMA souhaitent ainsi profiter de la foire pour rapprocher les producteurs des programmes d’accompagnement, des experts techniques et des partenaires financiers susceptibles d’apporter des solutions concrètes.

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