Cosumaf – OCDE : un partenariat historique pour l’éducation financière en Afrique centrale
C’est une première sur le continent. La Commission de Surveillance du Marché Financier de l’Afrique Centrale (COSUMAF) est désormais la seule institution africaine à avoir noué un partenariat direct avec l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE). Un accord stratégique qui place la CEMAC à l’avant-garde de l’éducation financière en Afrique.

Tout commence par une adhésion inédite. La COSUMAF a intégré les réseaux INFE Monde et INFE Afrique, des plateformes internationales de l’OCDE dédiées à l’éducation financière, devenant au passage la première institution francophone africaine à rejoindre ces instances. Une reconnaissance symbolique forte, qui a ouvert la voie à un partenariat opérationnel formalisé en mars dernier lors d’une rencontre entre les deux équipes.
Jean-Charles Éliot Damango, chef de service en charge de l’éducation financière à la COSUMAF, ne cache pas la portée historique de l’événement : « À part nous, il n’y a aucune autre institution africaine qui a un partenariat avec l’OCDE. Nous sommes les premiers ». La collaboration a produit ses premiers effets en mars dernier. La participation de l’OCDE à la Global Money Week, l’événement phare de l’OCDE-INFE consacré chaque année à la sensibilisation financière des populations à travers le monde, en constitue le fruit. « La Global Money Week est la résultante de notre partenariat avec l’OCDE », confirme Damango. Prochaine étape : le premier sommet africain de l’INFE, prévu les 17 et 18 juin à Cape Town, en Afrique du Sud. La COSUMAF y participera en position de membre fondateur, consolidant ainsi son statut de référence continentale sur ces questions.
Au-delà des symboles, ce partenariat répond à une ambition concrète : doter la CEMAC d’une photographie rigoureuse du niveau d’éducation et d’inclusion financière de ses populations. L’OCDE apportera pour cela son expertise statistique reconnue à l’échelle internationale. L’objectif est de produire, pour la première fois, des données fiables et comparables sur le niveau d’intégration économique, d’inclusion financière et de compétences financières des citoyens des six États membres dont le Cameroun, le Gabon, le Congo, le Tchad, la Guinée équatoriale et la République centrafricaine. « Nous allons établir des statistiques sur le niveau d’intégration, le niveau d’inclusion financière et le niveau de compétence des populations afin d’entrer dans un référentiel mondial. Cela nous permettra de progresser », explique Damango.
L’enjeu est décisif : sans données de référence, il est impossible de mesurer les efforts accomplis, d’identifier les lacunes prioritaires ou de justifier des politiques publiques cohérentes en matière d’éducation financière. Cet appui statistique servira de socle au plan d’éducation financière régional que la COSUMAF est en train d’élaborer pour l’ensemble de la zone CEMAC. La collaboration avec l’OCDE se décline ainsi en un accompagnement stratégique sur la durée, couvrant à la fois le diagnostic des besoins, la conception des programmes et la mesure des résultats.
La démarche s’inscrit dans le plan stratégique 2024-2028 de la COSUMAF, qui fait de la culture financière populaire un levier central du développement du marché boursier régional. Car l’équation est simple : sans épargnants informés, la Bourse des Valeurs Mobilières d’Afrique Centrale (BVMAC) ne peut prospérer durablement.
En s’imposant comme le premier régulateur africain partenaire de l’OCDE dans ce domaine, la COSUMAF envoie un signal fort bien au-delà des frontières de la CEMAC. Elle démontre qu’une institution communautaire africaine, francophone de surcroît, peut accéder aux standards mondiaux de l’éducation financière et y contribuer activement. Un pari ambitieux, au service des millions de citoyens d’Afrique centrale qui restent encore en marge des circuits financiers formels.
Tom.



