Coupe du monde 2026 : le business des gadgets et maillots en berne
La non-qualification des Lions Indomptables à cette grande messe du football plombe toutes les activités qui gravitent autour de cette compétition.

La Coupe du monde se tient du 11 Juin au 19 juillet 2026 aux Etats-Unis, Canada, Mexique. Au Cameroun, à deux semaines de cette grande messe du football, ce n’est pas la grande effervescence. Tout est morose à Yaoundé. La vente des gadgets, fanions, calendriers des programmes des matchs, vuvuzela, sifflets est quasiment absente à la poste centrale de Yaoundé. Pour obtenir un article chez les petits vendeurs, on le leur demande et c’est ainsi qu’ils vont le chercher chez un ami. A la vérité, ils sont nombreux qui ont abandonné le business des gadgets à cette veille de Coupe du monde. « Nous avons acheté la marchandise, c’est stocké à la maison. Les gadgets ne trouvent pas preneurs. La raison du manque à gagner est la non-qualification des Lions Indomptables. Lorsque nous proposons les calendriers aux clients passants, ils disent qu’ils vont faire quoi avec, puisque l’équipe nationale du Cameroun ne joue pas », analyse Lionel Franck Mième, vendeur à la poste centrale. « Si nous étions qualifiés, les ventes seraient assurées.
Les années précédentes l’écoulement des vuvuzelas et les calendriers était fluide », renchérit-il. Et quand bien même, un client par curiosité achète un article, ce n’est pas au prix voulu. « Au lieu de 100fcfa la pièce, je suis obligé de vendre à 50fcfa pour récupérer l’argent investi dans le business. Je liquide les articles, la conjoncture est difficile. Aucun preneur ne se manifeste réellement », explique Lionel Franck Mième. Le chiffre d’affaire journalier en témoigne. « Il arrive qu’une journée entière ne génère même pas 1000 FCFA de recettes. Lors de la première mise en vente, le montant perçu s’élevait à 700 FCFA. J’ai dès lors suspendu l’activité », fait savoir un autre vendeur qui a requis l’anonymat. C’est le même son de cloche chez Jacques : « J’ai acquis un stock considérable, mais qui demeure immobilisé. Je dispose de tous les gadgets mais je ne parviens pas à les écouler. En deux semaines, pour un approvisionnement excédant mille unités, le chiffre d’affaires réalisé n’atteint pas deux mille FCFA. Pour m’en sortir je me suis reconverti très vite dans la vente des bords des concours administratifs pour gérer le quotidien. La non-qualification des Lions Indomptables à cette finale de la Coupe du monde est une grosse perte pour tous les petits secteurs d’activité », lâche Jacques, vendeur peu satisfait.
Les maillots
Le segment textile n’échappe pas à la morosité. Un commerçant spécialisé affirme : « L’absence du Cameroun au Mondial compromet la vente des maillots. Même les sélections qualifiées ne suscitent pas l’engouement ». Il poursuit : « Si le Cameroun était qualifié, l’ensemble des maillots se vendrait aisément. Or en l’état actuel, les commerçants qui s’approvisionnent à l’étranger renoncent à ces achats, anticipant une mévente certaine ». L’activité est timide. La clientèle se fait rare. Seules trois sélections africaines bénéficient d’une demande résiduelle : « Le Sénégal, en raison de ses récentes performances au Maroc. Les maillots de la République démocratique du Congo (Rdc) et de la Cote d’Ivoire sont également demandés », explique papa Olinga. Malgré les dix nations africaines au Mondial, les clients se penchent plus vers les nations européennes. « Les clients privilégient désormais les Nations européennes l’Espagne, le Portugal et la France », conclut Papa Olinga, vendeur des maillots.
Olivier Mbessité



