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Tensions au Moyen-Orient : la CEMAC face au choc énergétique mondial

Les secousses géopolitiques au Moyen-Orient ne sont plus un bruit lointain pour les économies d’Afrique centrale. Elles s’invitent brutalement dans les équilibres déjà fragiles de la CEMAC, au rythme des barils et des marchés nerveux. La perturbation du détroit d’Ormuz, artère vitale du pétrole mondial, a suffi à faire bondir le Brent au-delà de 110 dollars, rappelant la dépendance d’un système globalisé à ses points de rupture.
Dans les capitales de la sous-région, le constat est connu mais brutalement ravivé : la rente pétrolière reste à la fois pilier et vulnérabilité. Plus de 60 % des exportations de plusieurs États reposent sur les hydrocarbures, tandis que les recettes publiques y sont fortement arrimées. Pourtant, paradoxalement, ces pays importent massivement leurs carburants raffinés, subissant de plein fouet les hausses de prix et les tensions logistiques internationales.
Le choc est immédiat. Inflation importée, pression sur les budgets publics, dégradation des comptes extérieurs : les indicateurs virent au rouge. Les chiffres récents montrent un recul marqué de l’excédent commercial et une érosion des réserves de change, symptôme d’une dépendance structurelle que les crises successives ne font que révéler davantage.
Mais l’impact ne se limite pas aux tableaux macroéconomiques. Il se diffuse dans les rues, les marchés et les foyers. Le transport renchérit, les denrées alimentaires suivent, et les chaînes de production locales absorbent difficilement la hausse des intrants. Dans une région où la circulation des biens repose massivement sur la route, chaque hausse du carburant agit comme un multiplicateur de fragilité sociale.
Face à cette situation, la réponse institutionnelle tente de s’organiser. Un webinaire sous-régional est prévu en mai 2026 par le Bureau pour l’Afrique centrale de la CEA. Objectif : comprendre les mécanismes du choc, identifier les vulnérabilités profondes et surtout proposer des pistes d’action concrètes pour réduire l’exposition de la sous-région aux crises importées.
Au-delà de l’urgence, c’est une question de trajectoire économique qui se pose. Diversification productive, intégration régionale, transformation locale des ressources : les mots sont connus, mais leur mise en œuvre reste lente, souvent contrariée par les contraintes structurelles et les arbitrages politiques. Dans ce contexte, la crise actuelle agit comme un révélateur. Elle rappelle que la stabilité économique de la CEMAC ne dépend pas uniquement des cours mondiaux, mais aussi de sa capacité à se réinventer.
R. B.



