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Yaoundé : les tarifs du transport urbain grimpent

La mobilité dans la capitale politique n’est pas aisée, il faut débourser plus d’argent pour emprunter les taxis jaunes, ceci dans un contexte de vie chère.

A quelques mois des fêtes de fin d’années, le quotidien des Camerounais est difficile. Dans le secteur des transports, se déplacer relève d’une gageure. Les tarifs de 350 FCFA, 400 FCFA et de 100fcfa homologuées en 2024 par le gouvernement après l’augmentation du prix du litre du carburant ne sont plus respectés. Il faut dépenser plus, pour espérer avoir le taxi. Cette inflation n’est pas du gout des passagers. « Le tarif du transport a augmenté depuis, pourtant on n’a pas augmenté le prix du litre du carburant. Le train de vie des Camerounais n’a pas changé. Les populations végètent et peinent à joindre les deux bouts », fulmine un passager dans l’attente du taxi à Ahala. « Pour avoir le taxi, il faut proposer 500 FCFA et plus pour espérer arriver à destination, au cas contraire l’on est condamné à une longue attente sous la canicule », poursuit-il.

Selon Patrice Samen, président national de la Fédération des chauffeurs professionnels du Cameroun, le gouvernement a trompé les acteurs de transport. « Il a fixé le tarif de transport supposé le maximum, il n’a pas fixé le minimum ». Le prix du litre du carburant à la pompe est trop élevé 840 FCFA, les accessoires du véhicule ont doublé de prix, les pneus d’occasion de l’Europe coutent 7000 FCFA, l’huile de vidange, les prix des pièces de rechange, pour refaire la tôlerie du véhicule c’est à partir de 150000 FCFA et 200000 FCFA or jadis c’était à 75000 FCFA, il y a l’état des routes qui sont impraticables. A ces griefs, il faut ajouter la fameuse opération d’identification des taxis par la Communauté Urbaine de Yaoundé, qui a réduit de 50% le nombre de taxis. Selon Patrice Samen, le minimum pour les tarifs doit être 200 FCFA. « Parce qu’il n’y a pas de négociation pour l’achat du carburant, d’ailleurs le prix de 200 FCFA fera l’objet des revendications dans un mois s avec le ministre du Commerce », lâche-t-il.

Yango
La plateforme Yango inflige la concurrence déloyale au secteur des transports. « Nous n’avons plus de couses dépôt, parce que Yango le fait à 500 FCFA ou 800 FCFA. Cet opérateur a raison de le faire parce qu’il est une plateforme d’information, elle ne paie pas le carburant, le chauffeur n’est pas propriétaire du véhicule. Yango ne reverse rien à l’Etat. La plateforme numérique Yango a affaibli notre corps de métier », regrette le président national de la Fédération des chauffeurs professionnels du Cameroun. « Nous allons d’ailleurs rencontrer les autorités, pour supprimer cette plateforme qui porte un sérieux coup sur l’activité », renchérit-il.

Assainissement
La situation du secteur du transport urbain n’est guère reluisante. Les acteurs peinent à joindre les deux bouts. Pour s’en sortir, il faut assainir le secteur d’où la vaste opération lancée par la Communauté Urbaine de Yaoundé. D’ailleurs que tous les syndicats soutiennent l’action du Maire de la ville Luc Messi Atangana. Passée l’étape d’assainissement, on va lancer le recyclage des chauffeurs de taxis, il faut ramener la morale et l’éducation civique dans la corporation. C’est pourquoi les syndicats soutiennent l’action du Maire de Luc Messi Atangana avec l’appui de la GIZ et l’Union européenne. Elle encourage d’ailleurs les syndicats d’avoir les Gic pour l’accès aux financements dans l’optique de renouveler le parc automobile assez vétuste, pour que la ville de Yaoundé change.

Olivier Mbessité

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