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Intelligence économique : les données stratégiques le maillon manquant entre le public et le privé

L’administration et les entreprises au Cameroun, l’information stratégique est mal pensée, se fait rare, empêchant les structures d’influencer et d’être plus compétitives au niveau national et international.

L’information n’est plus un simple un support de décision. Elle est devenue une ressource stratégique, au même titre que l’eau, l’énergie, ou les minerais. Pour l’État comme pour l’entreprise, la capacité à collecter, l’analyser, la protéger et l’exploiter détermine la performance et la survie. Pourtant au Cameroun, le secteur public et privé évolue en silos sur le terrain. C’est le mobile des réflexions du panel 2 et 3 sur le pouvoir de l’information stratégique dans le secteur public et privé.

Pour ce qui est du secteur privé, les banques sont prises pour exemple, parce qu’elles fonctionnent à partir des informations de son environnement et de contexte international. Le système bancaire au Cameroun connait trois étapes, 1985 est une période glorieuse, une période de fruit économique, les banques se sont développées. Mais la caractéristique des banques à cette période est que le rôle de l’État est prédominant, l’exigence de rentabilité est là, mais pas comme si c’était le secteur privé proprement dit. Il y avait un certain laxisme dans le fonctionnement, la fixation des objectifs n’était pas une obligation stratégique, tout fonctionnait bien.

En revanche, à cause de la crise économique qui intervient en 1987 dû à la chute des matières premières. « Dès qu’il y a eu effondrement des prix des produits sur le marché international, ça s’est répercuté sur l’économie camerounaise, secteur privé, comme le secteur public », explique Emmanuel Beti Andegue, consultant finance et management, banquier à la retraite. Dans les années 1990, on aura huit banques, avec des restructurations, des fusions, des fermetures, et d’autres mesures sur le système bancaire seront plus graves notamment la dévaluation du FCFA, la réduction du train de vie de l’Etat, la diminution des effectifs des employés, la fermeture des sociétés d’Etat.

Lorsque la crise intervient en 2007, on a onze banques au Cameroun. C’est la COBAC qui ouverte en 1993 va relever les banques. Ceci grâce à la gestion de l’information, d’interrelation entre le système bancaire et le reste de l’économie à savoir : la faiblesse dans la supervision du système bancaire, une incapacité d’anticiper sur les événements ayant conduit à l’effondrement du système. Pour anticiper, il faut avoir l’information, il faut être proactif.

Deux mesures sont fondamentales à savoir : l’introduction des normes prudentielles et le renforcement du contrôle permanent des banques. Michel Lobe Ewane, directeur de publication Infranews estime que pour le secteur privé, l’information stratégique est importante que la technologie et les ressources naturelles dans un monde où « les entreprises sont de plus en plus en concurrence »

Olivier Mbessité

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