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«Journalisme culturel : Entre tradition et modernité» : l’ouvrage de Marie Gabrielle Mfegue, le miroir des mutations des traditions africaines

L’auteure à travers cette parution tente de concilier les savoirs traditionnels africains et les exigences des industries culturelles contemporaines.

Le Musée National de Yaoundé a vibré au rythme de la dédicace de la journaliste culturelle en fonction à la Cameroon Radio Television (CRTV) Marie Gabrielle Mfegue. La journaliste a présenté au public ses pensées profondes qu’elle se fait de la tradition ouverte à la modernité. L’ouvrage est intitulé : « Journalisme culturel : entre tradition et modernité » paru aux éditions Eclosion. Il s’articule sur 17 chapitres et 270 pages, il est préfacé par le communicologue François Bingono Bingono. A travers cet ouvrage, elle aborde la reconnaissance des savoirs traditionnels comme vecteurs de civilisation et de transmission culturelle, mais aussi les limites des certains outils modernes à l’instar du numérique amplifié par l’intelligence artificielle ou des contenus sont diffusés sans vérification. Elle évoque les transformations sociales qui affectent les pratiques culturelles et médiatiques. Elle met en évidence les systèmes de transmission orales comme vecteurs de mémoire collective, en rappelant le rôle historique des conteurs, griots, et chantres dans la circulation de l’information avant l’arrivée des médias modernes.

A travers cette publication, la journaliste analyse les tensions entre les réalités culturelles africaines et les standards occidentaux du journalisme. Elle évoque notamment les difficultés liées à l’utilisation de certains outils modernes qui selon elle « rendent invisible, la dimension culturelle profonde » des pratiques sociales et artistiques africaines. Plus loin dans ses propos, elle fustige la précarité dans laquelle baignent les journalistes culturels. Les promoteurs des événements culturels considèrent moins les journalistes culturels. Or avec la modernité de l’heure ce sont ces journalistes culturels qui sont des archivistes, des griots, qui portent haut la culture au-delà de nos frontières. La plaidoirie sur le sujet est d’inviter les pouvoirs publics à restructurer le secteur pour que les journalistes culturels vivent de leur métier.

Elle a enfin invité les jeunes à un retour aux sources. Certes la modernité s’impose avec les outils numériques Facebook, WhatsApp, TikTok qui affectent et sapent le savoir ancestral, il est urgent pour la nouvelle génération de se rapprocher des dépositaires de la tradition pour sa préservation et la sauvegarde de l’identité culturelle camerounaise. L’autre plaidoirie réside dans la formation des journalistes culturels, elle suggère l’ouverture de la spécialité journalisme culturel à l’Ecole Supérieure des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication (ESSTIC) pour porter haut la culture. Car il faut le souligner avec emphase le secteur culturel est dans la déliquescence en Afrique centrale, contrairement à l’Afrique de l’Ouest où toute l’industrie culturelle est en marche.

Olivier Mbessité

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