Marcel Niat Njifenji
Le 11 avril 2026, il s’est éteint, refermant avec lui un long chapitre de l’histoire institutionnelle du Cameroun. À 91 ans, l’ancien président du Sénat laisse derrière lui l’image d’un homme solidement ancré dans les rouages de l’État.

Né à Bangangté, il aura traversé les décennies comme un témoin silencieux des mutations politiques du pays. Ingénieur de formation, technocrate respecté, puis figure centrale du pouvoir, il a accompagné la construction d’institutions encore jeunes, notamment en devenant en 2013 le premier président du Sénat. Sa disparition résonne comme un crépuscule lent, celui d’une génération d’hommes d’État façonnés par la patience et la fidélité aux structures établies. Dans les couloirs feutrés du pouvoir, son pas mesuré et sa parole rare avaient fini par devenir familiers. Aujourd’hui, le silence qu’il laisse semble plus lourd que ses mots. Et dans ce silence, c’est une page qui se tourne, avec gravité, presque en murmure, comme une lampe qui s’éteint au bout de la nuit.



