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Partenariats public-privé : 21 000 milliards FCFA en quête de crédibilité

Sous l’impulsion du Conseil d’appui à la réalisation des contrats de partenariats, le Cameroun tente de séduire investisseurs et bailleurs autour de 27 projets en PPP, mais entre promesses massives et financements encore incertains, la bataille de la confiance reste entière.

Minepat, Ousmane Mey

À Yaoundé, les milliards ne tombent pas du ciel, ils se négocient, se structurent et, souvent, se font désirer. Réunis les 28 et 29 avril 2026 sous l’égide du Conseil d’appui à la réalisation des contrats de partenariats (Carpa), investisseurs, bailleurs et autorités publiques ont tenté de donner corps à une ambition colossale : mobiliser 21 000 milliards FCFA pour 27 projets en partenariat public-privé. Une annonce à la hauteur des besoins, mais aussi des incertitudes.
Car derrière le volontarisme affiché, une réalité s’impose. L’État camerounais, engagé dans la Stratégie nationale de développement 2020-2030, ne peut plus, seul, financer ses infrastructures. Routes saturées, déficit énergétique, ports à moderniser, habitat à structurer : les priorités s’accumulent, tandis que les ressources publiques se raréfient. Le PPP devient alors moins un choix qu’une nécessité.
Encore faut-il convaincre. Transformer des études en projets « bancables », selon la formule d’Abdou Samb, patron de FRS Consulting, relève d’un exercice délicat. Il ne s’agit plus seulement de planifier, mais de démontrer la rentabilité et la viabilité des projets. Le secteur privé n’investit pas dans les intentions, mais dans les garanties.
Le gouvernement, par la voix de Paul Tasong, assume ce basculement. L’État arbitre, sécurise et encadre, tandis que le privé finance et exploite. Sur le papier, le partage des rôles est clair. Dans les faits, il suppose un cadre juridique stable et une gouvernance crédible.
Les instruments existent : concessions, BOT, contrats de performance. Une boîte à outils connue, censée lisser la dépense publique et accélérer les projets. Mais entre théorie et réalité, l’écart demeure.
Pour l’heure, les signaux restent prudents. Banque mondiale, Banque africaine de développement et Agence française de développement ont manifesté leur intérêt. Des lettres d’intention existent, mais les engagements fermes tardent.
La suite dépendra des roadshows annoncés et de la capacité à transformer cette vitrine en contrats signés. Car au-delà des chiffres, une question demeure : le Cameroun saura-t-il convertir cette ambition en financements réels ? Le pari reste ouvert.

JRMA

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