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Sécurité en Afrique centrale : la CEEAC à la recherche la formule enfin collective

Pendant quatre jours, la capitale gabonaise s’est transformée en laboratoire des inquiétudes sécuritaires de l’Afrique centrale. Du 21 au 24 juillet, experts militaires, responsables gouvernementaux et spécialistes de la sécurité s’y sont retrouvés pour la 8ᵉ session ordinaire du Comité technique spécialisé sur la Défense, la Sûreté et la Sécurité de la CEEAC.

Sur la table, les mêmes urgences sont revenues avec une intensité nouvelle : l’instabilité persistante dans l’est de la République démocratique du Congo, les violences autour du bassin du lac Tchad, la piraterie dans le golfe de Guinée, mais aussi les menaces hybrides que sont la cybercriminalité et la porosité des frontières. Autant de défis qui rendent les réponses nationales de plus en plus insuffisantes.

Les experts ont passé au crible l’application des décisions arrêtées par les chefs d’État de la CEEAC. L’objectif est clair : transformer des résolutions souvent ambitieuses en dispositifs réellement opérationnels. Au programme figurent le renforcement de la Force multinationale de l’Afrique centrale (FOMAC), l’amélioration des mécanismes de commandement et de contrôle, ainsi que le développement d’un système de surveillance maritime plus efficace.

Pour Luis Asumu Mba Medja, représentant de la présidence du Conseil des ministres de la CEEAC, les réformes examinées doivent permettre de rendre les mécanismes communautaires plus réactifs face à des menaces devenues transnationales. Même constat chez Marcel Mapangou Moussadji, commissaire aux Affaires politiques, Paix et Sécurité, qui appelle les experts à proposer des recommandations capables de renforcer durablement l’architecture régionale.

Au fond, Libreville pose une question simple : comment bâtir une sécurité commune dans une région où les crises ignorent les frontières ? La réponse passe par davantage de coopération, de partage d’informations et de mutualisation des moyens. Une conviction résumée par les autorités gabonaises : face à des menaces sans frontières, l’action solitaire ne suffit plus. Encore faut-il que cette volonté politique survive aux discours et se traduise, enfin, sur le terrain.

Rémy Biniou

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