Semaine de la jeunesse 2026 : Fun interdit, civisme obligatoire
Entre interdictions, encadrement strict et promesses de pédagogie, les élèves doivent cette année troquer confettis et kermesses contre le sérieux…

La semaine de la jeunesse 2026 au Cameroun s’annonce studieuse… et sévèrement encadrée. Dans un communiqué du 6 février, le Minesec a rappelé que les activités doivent préserver « le caractère éducatif et citoyen » et prévenir « les risques sécuritaires, débordements et dérives constatés par le passé ». Traduction : cette année, pas de kermesses, pas de caravanes et autres réjouissances festives, même si les élèves rêvaient déjà de confettis et de chars colorés dans les cours de récré. Et comme pour ne rien arranger, le communiqué précise que chaque enseignant et surveillant doit veiller au grain, comme un chef d’orchestre survoltée tentant d’empêcher les tambours de déborder, ce qui donne à la fête un air de rigueur militaire très pédagogique.
Conformément à la vision de Madame le ministre des Enseignements secondaires pour le système éducatif national, le communiqué insiste sur « un encadrement pédagogique approprié des élèves ». Autrement dit, la fête doit rester… sérieuse. Et pour ceux qui oseraient défier l’injonction ministérielle : sanctions disciplinaires et administratives au menu. Une façon diplomatique de dire que l’enthousiasme débordant pourrait se terminer au bureau du proviseur plutôt qu’en parade festive. Les élèves doivent donc apprendre à célébrer la jeunesse avec des mots et des idées, au lieu de confettis et de musique tonitruante, un exercice de patience et de civisme qui pourrait faire sourire ceux qui pensaient que l’amusement ne pouvait jamais se mesurer en bulletins.
Pour les élèves, la nouvelle tombe comme un rideau de fer sur leurs ambitions festives. Dans un lycée de Yaoundé, le président d’une coopérative scolaire confie, la mort dans l’âme, que « la conformité à cette directive ne fait l’objet d’aucune négociation ». Kermesses, jeux collectifs et caravanes : tout est passé à la trappe, même si l’esprit de la fête se voyait déjà danser dans les cours et les couloirs. Cette frustration pourrait faire naître des mèmes dans les téléphones, des anecdotes entre camarades et des petites plaintes humoristiques sur les réseaux sociaux, mais le message reste clair : l’excès de fantaisie pourrait coûter cher, et mieux vaut rire… sous surveillance.
Le communiqué ministériel, malgré sa sévérité, n’est pas sans logique. Il vise à renforcer l’éducation citoyenne et sécuriser les manifestations, en conformité avec les valeurs promues par le ministère. Après plusieurs éditions où débordements et incidents avaient émaillé la semaine de la jeunesse, le Minesec préfère prévenir que guérir. Les élèves, eux, devront donc troquer confettis et mascottes pour ateliers pédagogiques et débats citoyens. Même si cela sonne moins festif, cette approche garantit que la fête devient un moment d’apprentissage, où l’on danse avec la raison plutôt qu’avec la musique trop forte, et où chaque sourire est mesuré par le sérieux d’un encadrement attentif.
Entre esprit festif contrarié et discipline imposée, la semaine de la jeunesse 2026 s’annonce comme une leçon de civisme grandeur nature. Avec, peut-être, un soupçon de regret : celui de ne pas pouvoir danser à sa guise, mais un rappel utile que l’éducation, parfois, peut se déguiser en fête… sérieuse.
Ongoung Zong Bella



