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UPF : l’Afrique prend la plume

Après des années de turbulences internes, l’Union internationale de la presse francophone se choisit une nouvelle équipe dirigeante largement africaine. À sa tête, le Togolais Loïc Lawson hérite d’une organisation en quête de cohésion et de crédibilité.

L’Union internationale de la presse francophone (UPF) change de visage. Et c’est un visage résolument africain qui s’impose désormais à la tête de l’organisation mondiale des journalistes francophones. Réunis en assemblée générale élective à distance le 29 mai dernier, les membres de l’UPF ont tranché. Le 4 juin 2026, les résultats officiels ont consacré l’élection du journaliste togolais Loïc Lawson à la présidence internationale de l’organisation pour le mandat 2026-2029. Avec 28 voix contre 8, il s’est nettement imposé face au Guinéen Ibrahima Koné, tournant ainsi la page de la présidence de la Marocaine Meriem Oudghiri.
Cette victoire dépasse le simple jeu électoral. Elle traduit une recomposition des équilibres au sein d’une institution qui, depuis plusieurs années, peine à retrouver sa sérénité. Contestations internes, divergences de gouvernance, interrogations sur son rayonnement et son financement : l’UPF a traversé des zones de fortes turbulences qui ont parfois éclipsé sa mission première de promotion de la liberté de la presse et de la francophonie médiatique.

Visages
Le nouveau président arrive donc avec une feuille de route chargée. À ses côtés, une équipe multi-continentale mais fortement ancrée en Afrique. La Congolaise Marianne Mujing Yav Muland occupera le poste stratégique de secrétaire générale internationale. Le Djiboutien Kenedid Ibrahim Houssein assurera la trésorerie. Quatre vice-présidents complètent un dispositif qui se veut représentatif de la diversité de l’espace francophone.
Au-delà des noms, c’est un signal politique qui est envoyé. L’Afrique, où vit désormais la majorité des francophones du monde, renforce son influence dans les instances de gouvernance de la francophonie. Le secteur des médias n’échappe pas à cette dynamique. De Dakar à Kinshasa, de Lomé à Djibouti, les rédactions africaines entendent peser davantage dans les débats sur l’avenir du journalisme francophone, confronté à la désinformation, à la fragilisation économique des médias et aux mutations technologiques accélérées par l’intelligence artificielle.

Challenge
Pour Loïc Lawson et son équipe, le défi est désormais de transformer cette légitimité électorale en dynamique de reconstruction. L’UPF devra renouer avec ses membres, renforcer sa visibilité internationale et redevenir un espace d’échanges capable de fédérer des journalistes souvent confrontés à des réalités très différentes selon les continents.
Une nouvelle page s’ouvre donc pour l’organisation. Reste à savoir si ce bureau aux couleurs africaines saura redonner à l’UPF l’élan et l’autorité qui a longtemps fait sa singularité dans le paysage francophone.

Ongoung Zong Bella

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