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Couverture de l’état civil et protection des droits fondamentaux des enfants: le Gouvernement injecte 266 millions FCFA

Les financements accordés à 18 municipalités visent à renforcer leurs capacités opérationnelles dans le processus d’établissement des actes de naissance aux enfants sans existence légale.

En espèces sonnantes et trébuchantes, 266 millions 910 mille FCFA ont été mobilisés pour l’enregistrement de 26 691 enfants disséminés à travers plusieurs localités du Cameroun. Le 29 décembre 2025 à Yaoundé, la ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Marie-Thérèse Abena Ondoa, a officiellement remis ce pactole aux communes bénéficiaires. Une enveloppe conséquente, dont chaque billet semble rappeler qu’un enfant sans identité reste invisible, même quand il crie très fort.

Les communes retenues sont réparties sur plusieurs régions, comme pour rappeler que l’état civil n’est ni régionaliste ni capricieux. Dans le Centre, Lobo, Évodoula, Ngog-Mapubi, Nkolmetet, Dzeng, Mbalmayo et Mbandjock sont concernés. L’Est répond présent avec Ndélélé, l’Extrême-Nord avec Gazawa et Blangoua, le Littoral avec Nkongsamba III. Le Nord n’est pas en reste grâce à Tcholliré et Mayo-Oulo, le Nord-Ouest est représenté par Nkor, tandis que le Sud aligne Lolodorf, Mengong, Mvangan et Mengang. Une géographie administrative qui, pour une fois, ne sert pas seulement à décorer les manuels scolaires.

Prenant la parole, la ministre rappelle que l’état civil constitue une priorité gouvernementale majeure. Elle souligne que l’accès à une identité légale conditionne l’exercice des droits fondamentaux, notamment l’éducation, la santé et la protection sociale. En clair, sans acte de naissance, pas d’école, pas de soins, et encore moins de statistiques fiables. « Pour l’exercice budgétaire 2025, toutes les communes bénéficiaires reçoivent des appuis couvrant des effectifs allant de 1 000 à 2 500 enfants chacune. Cette répartition vise à répondre équitablement aux demandes exprimées, malgré des contraintes budgétaires », précise Marie-Thérèse Abena Ondoa. Une manière élégante de dire que l’État fait au mieux, même quand la caisse n’applaudit pas.

La ministre n’a cependant pas esquivé les zones d’ombre. Elle relève des cas de distraction de fonds impliquant certains maires et appelle à plus de rigueur dans la gestion des ressources publiques. Car lorsqu’un budget destiné aux enfants se volatilise, ce n’est pas de la magie, mais un grave tour de passe-passe administratif. L’objectif reste clair : garantir à chaque enfant une identité juridique effective, sans raccourci ni raccourci financier.

Pour le maire de Mbalmayo, Zang Mba, cet appui financier arrive à point nommé. Il salue une initiative qui permet de rapprocher l’état civil des familles souvent éloignées des centres administratifs. Selon lui, l’enregistrement des enfants n’est pas un luxe mais une urgence sociale. « Chaque acte de naissance délivré est une porte ouverte vers l’école, la santé et la citoyenneté », affirme-t-il. Zang Mba insiste sur la responsabilité des maires dans la gestion de ces fonds publics et appelle ses pairs à la transparence. Il promet que Mbalmayo fera un usage rigoureux des ressources reçues, afin que chaque enfant concerné soit effectivement enregistré, sans détours ni délais inutiles. Il ajoute que les populations seront régulièrement informées, car la confiance se construit par des actes visibles et mesurables sur le terrain.

Au Cameroun, le taux d’enregistrement des enfants de moins de cinq ans s’établit à 61 %, révélant l’ampleur du défi, surtout en zones rurales. Un chiffre qui rappelle que, malgré les discours et les enveloppes, le combat pour l’existence légale de tous les enfants est loin d’être gagné, mais qu’il avance, acte après acte, cachet après cachet.

Jean-René Meva’a Amougou

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