A Paris : l’union fait la force de la diaspora Bassa-Bati-Mpoo
Sous le mot d’ordre de l’unité, une foule de 7000 ressortissants du people Bassa-Bati-Mpoo a investi la capitale française afin de donner corps aux velléités de développement et de transmission culturelle.

Les vœux se transforment progressivement en réalité. Du genre de celle qui est empreinte d’une union grandissante des fils et des filles Bassa-Bati-Mpoo autour du socle commun qu’est l’identité du people de la grotte. Des liens fraternels se créent et l’avenir de la communauté se discute en toute joie entre deux bouchées de mets patrimoniaux et sous les rythmes musicaux d’artistes camerounais. La ville de Paris vient d’en faire la demonstration du 5 au 7 juin 2026, sous la houlette de l’Association Ndab Bikokoo (Maison du soir en langue Bassa). Plus de 7000 personnes, venues de divers pays d’Europe, s’y sont retrouvées pour faire rayonner la spécificité Bassa-Bati-Mpoo à l’occasion de la 8e Assemblée générale de ladite Association.
Les débats politiques, sociaux, tribaux, tel que conduits jusqu’alors ont donné forme à de nouvelles pensées. De nouveaux modes d’expression. Chacun s’y reconnait et chacun trouve sa place. Non plus dans les discours sous fond de qui sait le mieux, mais dans les braises ardentes de l’action communautaire en vue d’un développement assumé et partagé. Cela est le point commun entre les 7000 personnes réunies à Paris et toutes adhérentes de Ndab Bikokoo. Un héritage commun les unit: le Pil u gweha (la dette de l’amour). Laquelle repose sur des prophéties anciennes. “Notre people est juste un, qu’il soit un peuple de paix, un people d’amour, de pardon”, soutient le président de Ndab Bikokoo, Etienne Lejeune Ngom Ngo.
Démonstration de force pour certains, renaissance d’un peuple pour d’autres, les interprétations autour de la grand-messe de Paris (après celles d’Amsterdam le 6 juin 2025 et de Lyon le 24 mai 2024) polarise les interprétations. D’aucun y voit une revanche sur l’histoire: Celle de la colonisation du Cameroun et d’une reconstruction du pays sur des bases non inclusives. Toutes choses qui ont favorisé la mise à l’écart du peuple Bassa-Bati-Mpoo. Ses clivages ainsi que l’amenuisement progressif de son influence culturelle. “Restons solidaires, travaillons, prenons la peine de nous rassembler, de nous aimer dans la paix, la fraternité, la sincérité; mais aussi de construire des patrimoines individuels et communs. Personne ne peut progresser sans apprendre, sans effort, sans rechercher à progresser. La recherche de la richesse et du développement ne devrait plus être condamnée systématiquement si ces efforts se font honnêtement pour l’épanouissement de tous et de nos régions et de notre pays. Ceux qui consacrent tant d’efforts pour rassembler doivent être remerciés et encourages car, il s’agit d’une œuvre de grand labour et il faut beaucoup de courage, du temps et les moyens y compris matériel, l’argent et la sueur pour réussir de telles épreuves”, souligne l’homme d’affaires René Bayen, dignitaire Bassa-Bati-Mpoo. Après Paris, rendez-vous est pris pour Milan en Italie où une assemblée générale locale se tiendra du 11 au 13 juin 2027. L’évènement offrira une nouvelle plateforme pour des discussions et le renforcement des liens culturels et communautaires.
Louise Nsana



