Christophe et le Bambou de chine : Comment élever des poulets avec trois sous et un brin d’ingéniosité
À Azock (Mfou, région du Centre), un jeune transforme le bambou de Chine en mangeoire miracle.

À Azock, Christophe, jeune manoeuvre en bâtiment, rêve de se lancer dans l’élevage de poulets. Mais avec un budget de 300 000 FCFA, ses ambitions rencontrent vite le mur de la réalité. « Tu ne peux pas te lancer avec si peu. Il faut d’abord mûrir le plan », lui conseille Pierre, vétéran du secteur. Sceptique mais bienveillant, le vieux mentor décide de guider Christophe tout en restant le maître du jeu : « Tu vas exactement faire ce que je te demande de faire », prévient‑il, craignant que son protégé ne tombe entre de mauvaises mains.
Astuces
Pour démarrer sans se ruiner, Pierre supprime les mangeoires modernes en plastique et propose un substitut original : le bambou de Chine. Christophe, perplexe, finit par céder. Le bambou, abondant dans le marécage près de sa maison, est facile à transformer, spacieux et doté de propriétés surprenantes. « Avec les bambous de Chine, tu ne dépenseras presque rien pour les vaccins. C’est un antibiotique naturel », explique Pierre. Au‑delà de l’économie, cet outil naturel limite les conflits entre poulets et assure un espace de repas confortable pour le cheptel.
Bilan
Après trois semaines, Christophe affiche un large sourire. Son projet initial de 100 sujets a été réduit à 50, mais son petit élevage prospère. « Au début, je faisais ça parce qu’on m’y obligeait. Je n’avais pas le choix. Maintenant, je suis fier de cette première expérience. Je commence même à prendre goût », confie‑t‑il. Les bambous de Chine se sont révélés efficaces, économiques.
André Gromyko Balla



