Congo Brazzaville : la diaspora camerounaise bouge les lignes de la fraternité
Le nombre des natifs du pays de Paul Biya ne cesse de croitre dans ce pays ami. Ce qui décuple leur contribution à l’économie locale.

Kabo, dans le département de la Sangha en République du Congo, est depuis une quinzaine d’années la scène d’expression d’une amitié entre les peuples d’Afrique centrale. Cette localité abrite une communauté camerounaise riche de quelques 200 âmes. Leur effectif est en constante évolution. Et pour cause, frontalière du Cameroun par la région du Sud (sur l’itinéraire Ouesso-Ntam-Djoum-Sangmelima), cette localité constitue une destination prisée par les commerçants et travailleurs du bois. Conséquemment, une trentaine de boutiques appartenant à des Camerounais tient en concurrence celles, moins nombreuses, appartenant à des ressortissants d’autres pays africains. Les autres compétences au sein de la communauté se trient parmi les camionneurs et les menuisiers tous employés de la principale société d’exploitation de bois de la localité.
La population camerounaise de Kabo s’étoffe et dans ce microcosme, les rapports se hiérarchisent en vue de la structuration de la communauté. «Notre mouvement s’appelle la Colonie. Quand je suis arrivée au Congo le 11 février 2013, j’ai trouvé qu’il existait déjà mais il n’y avait pas beaucoup de membres. Au fur et à mesure que les Camerounais arrivaient, ils intégraient le mouvement. Donc aujourd’hui on a la tête de la colonie un président, un vice-président, deux secrétaires, deux trésoriers et un commissaire aux comptes un censeur et des conseillers. La Colonie est déjà légalisée », indique Marguerite Dorcas N, trésorière adjointe de la Colonie.
Ledit mouvement associatif sert de plateforme de socialisation et de solidarité entre ressortissants du pays de Paul Biya; mais aussi de cadre d’interactions avec les populations hôtes. Les liens entre les deux parties sont apaisés. Mis à part quelques incidents malheureux qui ont récemment fait les choux gras de la presse les relations entre les deux pays se consolident. «Souvent, à l’occasion de la fête du 20 mai pour communier avec nos frères Congolais, on mène des activités de service communautaire. Il arrive par exemple qu’on se rende dans les cours d’eau que le population utilise pour faire la vaisselle et puiser l’eau de cuisine, on fait le nettoyage, on coupe les herbes, on enlève la saleté dans l’eau», rapporte-t-elle. La cordialité ainsi mise en exergue a des ramifications jusqu’auprès des autorités traditionnelles et administratives de ce pays de l’Afrique centrale. «Les policiers et gendarmes ne nous dérangent pas. Si tu as ton papier d’immigration, qui est valide trois mois, et si tu ne fais pas dans les activités illégales et les trafics. Quand vient le 15 août, leur fête nationale, le chef nous sollicite souvent pour des appuis financiers. Ils appellent toutes les colonies camerounaises, Centrafricaines, zaïroises pour le défilé. Donc nous sommes vraiment intégrés dans l’organisation et la célébration de cet évènement», ajoute Marguerite Dorcas N. Sous d’autres sphères, la relation Camerounais-Congolais de Kabo s’entretient par les liens affectifs de la vie conjugale.
Louise Nsana



