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Comité de politique monétaire : la BEAC prépare le grand oral de juin 2026

À Yaoundé, le gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui, a livré le 4 juin dernier, un diagnostic qui ressemble déjà à l’ordre du jour du prochain Comité de politique monétaire.

Système financier : la Beac recommande la vigilance

D’un côté, la croissance de la CEMAC ralentit, passant de 3,5 % en 2025 à 2,9 % en 2026. De l’autre, l’inflation poursuit sa décrue pour s’établir à 2,3 %, bien en dessous des niveaux qui avaient justifié le durcissement monétaire de ces dernières années.
Cette double évolution place la BEAC devant un choix stratégique. Faut-il maintenir des taux d’intérêt élevés pour préserver les réserves de change et la stabilité du franc CFA, ou amorcer un assouplissement monétaire afin de soutenir l’investissement et le crédit dans une région confrontée à un ralentissement économique ?

Pour l’heure, la prudence l’emporte. Les principaux taux directeurs demeurent inchangés : 4,75 % pour les appels d’offres, 6,25 % pour la facilité de prêt marginal et 0 % pour la facilité de dépôt. Une posture conservatrice qui s’explique notamment par la nécessité de protéger des équilibres extérieurs encore fragiles. Le déficit du compte courant devrait en effet se creuser à 5,2 % du PIB cette année.

Les défenseurs du statu quo pourront toutefois s’appuyer sur des signaux encourageants. Les réserves de change couvriraient 4,52 mois d’importations, tandis que le taux de couverture extérieure de la monnaie atteindrait 68 %. Des performances qui traduisent l’efficacité relative de la stratégie monétaire restrictive engagée depuis plusieurs années.
Le secteur bancaire, lui aussi, fournit des arguments en faveur de la stabilité. Avec 54 banques, un total de bilan de 27 535 milliards FCFA et près de 14 000 milliards de crédits distribués, le système financier régional affiche une résilience saluée par le gouverneur de la BEAC.

Mais derrière ces chiffres se cache une autre réalité : celle d’économies qui peinent à accélérer malgré la stabilisation macroéconomique. Le prochain Comité de politique monétaire pourrait ainsi être marqué par un débat de fond entre orthodoxie monétaire et soutien à la croissance. Une discussion qui dépasse les seuls banquiers centraux et concerne directement les entreprises, les États et les millions de citoyens de la sous-région.
En clair, la BEAC semble avoir gagné la bataille contre l’inflation. Reste désormais à savoir si elle peut relancer la croissance sans perdre les acquis durement obtenus. C’est toute la question qui plane déjà sur le rendez-vous monétaire de juin 2026.

Jean -René Meva’a Amougou

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