C2D : deux décennies et 967 milliards FCFA au service du développement du Cameroun
Routes, ponts, écoles, hôpitaux, agriculture et emploi des jeunes : en vingt ans, le C2D a imprimé sa marque sur le quotidien des Camerounais et sur la transformation du pays.

Réunis le 9 juin à Yaoundé à l’occasion de la 17e session du Comité d’Orientation et de Suivi du C2D (Contrat de Désendettement et de Développement), les responsables camerounais et français ont passé au peigne fin vingt années d’exécution du programme. Autour du ministre des Finances, Louis Paul Motaze, du ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, et de l’ambassadeur de France au Cameroun, Sylvain Riquier, une quinzaine de membres du gouvernement sont venus dresser le tableau d’une coopération qui, malgré ses lenteurs et ses contraintes administratives, a laissé des traces visibles.
Les infrastructures figurent parmi les principaux bénéficiaires de ces financements. Plus de 339 milliards FCFA y ont été consacrés. Au compteur : 125 ouvrages d’art, 170 kilomètres de pistes rurales, des routes urbaines réhabilitées et surtout le deuxième pont sur le Wouri, symbole d’une métropole économique longtemps étouffée par les embouteillages. De Douala à Maroua, en passant par Yaoundé, Bafoussam, Bertoua, Garoua ou encore Bamenda, les projets financés par le C2D ont accompagné l’expansion des villes et l’amélioration des équipements publics.
Le secteur social n’a pas été oublié. Plus de 114 milliards FCFA ont été orientés vers la santé et l’éducation. Quelque 350 000 chèques santé ont été distribués, tandis que plus de 37 000 instituteurs ont été recrutés. Dans les établissements scolaires, plus de 1 200 salles de classe sont sorties de terre, contribuant à réduire la pression démographique sur un système éducatif en quête permanente d’oxygène.
La jeunesse a également occupé une place de choix. Plus de 76 milliards FCFA ont été investis dans la formation professionnelle et les dispositifs d’insertion. Une tentative de réponse à la question lancinante du chômage des jeunes, même si les attentes demeurent considérables dans un pays où l’emploi reste l’un des principaux défis économiques.
Tableau
Au terme de deux décennies de mise en œuvre, 944,8 milliards FCFA ont déjà été remboursés sur une enveloppe globale de 967,4 milliards FCFA, soit un taux de mobilisation des ressources de 97,6 %. Il ne reste plus que 22,6 milliards FCFA à rembourser avant la clôture définitive du dispositif. Sur cette manne financière, 871 milliards FCFA ont déjà été décaissés au profit de projets structurants, tandis que 79,2 milliards FCFA demeurent disponibles sur le compte du C2D logé à la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC).
Vingt ans après sa mise en œuvre, le C2D apparaît ainsi comme une singularité dans le paysage des partenariats internationaux. L’initiative, née de la conversion des remboursements de la dette camerounaise en investissements publics, a permis de transformer une contrainte financière en outil de développement.
Reste toutefois la question qui accompagne chaque bilan : celle de l’impact réel sur la vie quotidienne des populations. Car si les milliards impressionnent, les besoins, eux, continuent de courir plus vite que les financements. Dans un Cameroun confronté aux défis de l’urbanisation, de l’emploi et des services sociaux, les vingt premières années du C2D ressemblent moins à une ligne d’arrivée qu’à une étape sur une route encore longue.
Jean -René Meva’a Amougou



