Paludisme au sein des communautés au Cameroun : l’Assemblée nationale apporte sa « posologie »

Au-delà des discours, l’ambition est claire : transformer chaque ménage en premier rempart contre le paludisme et faire de la prévention une prescription quotidienne au service de la santé de tous.

Le paludisme continue de représenter l’un des plus grands défis de santé publique au Cameroun. Responsable d’une part importante des consultations médicales, des hospitalisations et des décès, notamment chez les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes, cette maladie demeure un fardeau pour les familles et pour le système sanitaire national. Face à cette réalité, l’Assemblée nationale entend jouer sa partition en encourageant une réponse plus proche des populations.
À travers son Réseau des parlementaires pour la promotion de la santé, les élus de la Nation multiplient les initiatives visant à renforcer la sensibilisation et l’implication des communautés dans la lutte contre cette endémie. Pour les députés, la bataille contre le paludisme ne saurait être gagnée dans les seuls hôpitaux. Elle doit également se mener dans les quartiers, les villages, les écoles et au sein des ménages.
Cette vision a été réaffirmée à Yaoundé, le 4 juin dernier, au cours de travaux consacrés au renforcement des stratégies communautaires de prévention et de prise en charge. Les parlementaires ont insisté sur la nécessité de rapprocher davantage les services de santé des populations et de faire des communautés des acteurs à part entière de la lutte contre la maladie.
Selon les spécialistes, la prévention reste l’arme la plus efficace contre le paludisme. D’où l’importance accordée à l’utilisation correcte et systématique des moustiquaires imprégnées d’insecticide, à l’assainissement de l’environnement, à l’élimination des eaux stagnantes et à l’adoption de comportements favorables à la santé. Autant de mesures qui nécessitent une forte adhésion des populations.
Les députés plaident ainsi pour un renforcement du rôle des agents de santé communautaires, considérés comme des relais indispensables entre les structures sanitaires et les populations. Présents dans les villages et les quartiers, ces acteurs de proximité contribuent au dépistage précoce, à l’orientation des malades et à la diffusion des messages de prévention.
Pour les membres du Réseau des parlementaires pour la promotion de la santé, il est également indispensable de consolider les mécanismes de financement des programmes de lutte contre le paludisme et de renforcer la coordination entre les pouvoirs publics, les partenaires techniques et financiers, les collectivités territoriales décentralisées et les organisations de la société civile.
Cette approche communautaire s’inscrit dans la dynamique impulsée par les autorités sanitaires camerounaises, qui misent de plus en plus sur la participation citoyenne pour améliorer les indicateurs de santé. Car au-delà des médicaments et des campagnes de distribution des moustiquaires, la lutte contre le paludisme passe aussi par un changement durable des comportements.
Dans cette perspective, l’Assemblée nationale entend assumer pleinement son rôle de plaidoyer, de mobilisation et de sensibilisation. Les élus souhaitent notamment favoriser l’adoption de politiques publiques davantage orientées vers la prévention et la promotion de la santé au sein des communautés.
« Le paludisme est une maladie évitable et curable. Sa réduction passe nécessairement par une implication plus forte des populations elles-mêmes », soulignent plusieurs parlementaires engagés dans la promotion de la santé.
Alors que le Cameroun poursuit ses efforts pour réduire la prévalence de cette maladie, les députés misent sur une véritable « posologie communautaire », fondée sur la proximité, l’éducation sanitaire et la responsabilisation des citoyens. Une stratégie qui place les communautés au cœur de la riposte et qui pourrait contribuer à faire reculer durablement l’une des maladies les plus meurtrières du pays.
Jean -René Meva’a Amougou



