Grand-Nord : l’UMC mise sur la participation citoyenne pour redessiner l’engagement politique

Dans un contexte marqué par les fractures sociales, le chômage des jeunes et une défiance croissante envers les partis traditionnels, l’Union des Mouvements Citoyens Camerounais (UMC) fait le pari d’une politique de proximité. Porté depuis le Grand-Nord, ce nouveau mouvement ambitionne de transformer les aspirations citoyennes en projet politique national.

Dans cette région où les attentes sociales restent fortes, l’Union des Mouvements Citoyens Camerounais (UMC) tente de se faire une place avec un discours centré sur la participation citoyenne. À l’origine du mouvement, des cadres et universitaires du Grand-Nord disent avoir mûri leur projet bien avant d’engager les démarches administratives de création du parti. Leur ambition est de replacer les régions de l’Extrême-Nord, du Nord et de l’Adamaoua au cœur du débat national, non comme de simples bastions électoraux, mais comme des territoires porteurs de propositions. « Notre objectif est de résister aux logiques de marginalisation, de refonder la pratique politique autour de la responsabilité des dirigeants et de réconcilier des communautés parfois fragilisées par les divisions historiques ou les instrumentalisations identitaires », explique Moustapha Glavda, membre du Bureau exécutif national de l’UMC. Selon lui, la devise du parti, Résister, Refonder, Réconcilier, traduit une vision qui dépasse les seules échéances électorales.
L’UMC affirme privilégier une implantation progressive fondée sur les rencontres communautaires, l’écoute des populations et la sensibilisation citoyenne, plutôt que sur les grands rassemblements politiques. Une stratégie qui, selon ses responsables, sera conduite dans le respect du cadre légal. Approché sur cette dynamique, un responsable des services déconcentrés de l’État rappelle que « toute activité politique doit s’exercer conformément aux lois de la République et dans le respect des procédures administratives en vigueur ». Sans commenter le cas particulier de l’UMC, il insiste sur l’importance du dialogue entre les acteurs politiques et l’administration.
Pour le sociologue Hamadou Djibrilla, cette nouvelle initiative s’inscrit dans une évolution plus large de la société camerounaise. « Une partie de la population, notamment les jeunes, aspire à un renouvellement des pratiques politiques. Miser sur la proximité peut constituer un atout, mais la crédibilité d’un mouvement se construit dans la durée, par sa capacité à répondre aux préoccupations quotidiennes des citoyens », analyse-t-il. Les défis ne manquent pas. Dans les trois régions septentrionales, le chômage des jeunes, la pauvreté, les inégalités d’accès aux services sociaux de base et les conséquences persistantes de l’insécurité continuent de peser sur les conditions de vie. Autant de réalités qui nourrissent une forte attente vis-à-vis des acteurs publics et politiques.
En se présentant comme un mouvement enraciné dans le Grand-Nord mais tourné vers l’ensemble du Cameroun, l’UMC entend proposer une autre manière de faire de la politique. Reste désormais à transformer cette ambition en implantation durable et à convaincre des populations dont la confiance se gagne moins par les déclarations que par la constance des engagements sur le terrain.
Bobo Ousmanou


