Dessoumission il faut arrêter Boris Bertolt

Il est des moments dans l’histoire d’un pays où les masques tombent, non pas sous l’effet d’une révolution, mais sous le poids de leurs propres mensonges. Veritas filia temporis : la vérité est fille du temps disions-nous en classe de latin. Et le temps, aujourd’hui, semble avoir décidé de parler par la voix d’un homme que l’on croyait réduit au silence : le capitaine Effoudou.

Ce qu’il révèle n’est pas seulement une affaire de personnes ; c’est une radiographie d’un système. Un système où l’argent public circule comme une marchandise privée, où les consciences se vendent au plus offrant, où les réputations se blanchissent à coups de millions. Pecunia non olet — l’argent n’a pas d’odeur, dit-on. Mais lorsqu’il provient du Trésor d’un État exsangue, il porte l’odeur de la misère de son peuple.
I. Le circuit de l’argent : un ballet d’ombre
Selon les déclarations du capitaine Effoudou, Boris Bertolt reçoit de l’argent :
– d’un Israélien installé au Cameroun,
– de Cyrus Ngo’o, directeur du port de Douala,
– du ministre des marchés publics,
– et d’autres circuits encore, tous liés à des centres de pouvoir opaques. Ce n’est plus un soupçon : c’est un schéma.
Ce n’est plus une rumeur : c’est une mécanique. Dans tout État moderne, un journaliste est un contre‑pouvoir. Mais lorsque le journaliste devient banquier clandestin, intermédiaire financier, porte‑voix d’intérêts privés, il cesse d’être un lanceur d’alerte ; il devient un rouage, un voleur, c’est le statut de monsieur Boris Bertolt révélé par les petites notes du Capitaine EFFOUDOU. Corruptio optimi pessima : la corruption des meilleurs est la PIRE, il n’a jamais été le meilleur il est devenu le pire.
II. L’argent pour laver l’image : la nouvelle liturgie des voleurs
Le plus grave n’est pas qu’un homme reçoive de l’argent. Le plus grave est qu’il le reçoive au nom du peuple, puis l’utilise contre le peuple. Au lieu de restituer ces fonds au Trésor public — qui appartient à la nation — voilà que l’on parle de campagnes médiatiques, de communication, de blanchiment d’image. Le voleur moderne ne se cache plus : il se maquille. Il ne fuit plus : il communique. Il ne se repent plus : il s’auto‑proclame victime. Simulatio virtutis nullum habet pretium — la simulation de la vertu n’a aucune valeur.
III. Le Cameroun pris en otage par ses propres enfants
Ce que révèle cette affaire, c’est la tragédie d’un pays où les élites ont cessé de servir l’État pour se servir de l’État.
Le Cameroun n’est pas pillé par des puissances étrangères ; il est pillé par ses propres fils. Et ce pillage n’est plus clandestin : il est organisé, structuré, rationalisé. Le capitaine Effoudou, en parlant, ne fait que confirmer ce que beaucoup savaient déjà :
le crime n’est plus un accident, il est une méthode.
La prédation n’est plus une dérive, elle est une doctrine.
La trahison n’est plus une faute, elle est une carrière.
IV. Le devoir de vérité : Fiat lux
Il est temps que la lumière soit faite.
Non pas pour humilier des individus, mais pour restaurer la dignité d’un peuple.
Non pas pour régler des comptes, mais pour rétablir la justice.
Non pas pour détruire, mais pour reconstruire.
Le Cameroun ne peut pas continuer à être un théâtre où les voleurs jouent les héros, où les corrupteurs se déguisent en patriotes, où les prédateurs se présentent comme des lanceurs d’alerte. Fiat iustitia, pereat mundus — que justice soit faite, même si le monde doit en périr.
V. Conclusion : Le temps des voleurs touche à sa fin
La chronique d’un voleur n’est jamais seulement la chronique d’un homme.
C’est la chronique d’un système.
C’est la chronique d’une époque.
C’est la chronique d’une nation qui doit choisir entre la vérité et la survie. Le capitaine Effoudou a parlé.
Le peuple écoute.
L’histoire jugera
Vincent Sosthène Fouda



