Ebola : 6,9 milliards FCFA pour dresser le rempart régional

Le 14 août dernier, Bangui s’est transformée en poste avancé de la riposte sanitaire en Afrique centrale.

Face au risque de propagation de la maladie à virus Ebola depuis la République démocratique du Congo (RDC) et l’Angola, les représentants de la RDC, de la République centrafricaine, de la République du Congo, de l’Ouganda et du Soudan du Sud ont cherché la parade. Au cœur des discussions : un plan d’intervention transfrontalier dont l’enveloppe prévisionnelle atteint 6,9 milliards FCFA.
La somme donne la mesure de l’enjeu. Elle doit permettre de renforcer les capacités d’intervention et surtout de colmater les brèches aux frontières, là où les contrôles sanitaires peuvent rapidement devenir le maillon faible d’une chaîne régionale de prévention. Car avec Ebola, la géographie administrative a ses limites : le virus, lui, ne connaît ni postes de police ni barrières douanières.
Cette réunion consultative de haut niveau, organisée conjointement par l’OMS-Bureau Afrique, la Commission de la CEMAC et Africa CDC, sous le haut patronage du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, vise précisément à éviter ce scénario. Ouverte par le Premier ministre Félix Moloua, elle était censée déboucher sur des engagements suffisamment concrets pour transformer les déclarations d’intention en réflexes opérationnels.
La CEMAC avait déjà tiré la sonnette d’alarme. Le 20 mai 2026, elle publiait une déclaration officielle d’alerte à l’attention de ses États membres. Le 9 juin, les ministres de la Santé réunis à Brazzaville adoptaient une feuille de route régionale d’urgence. Quatre jours plus tard, le Conseil des ministres de l’Union économique de l’Afrique centrale lui conférait une valeur réglementaire communautaire.
Le travail technique s’est poursuivi en juillet. Du 6 au 8 juillet dernier à Brazzaville, une réunion d’urgence des experts des pays de la CEMAC, avec la participation de la RDC, a permis d’évaluer les capacités de surveillance et de riposte aux points d’entrée transfrontaliers. Le diagnostic a fait émerger des priorités de renforcement et servi de base à l’ébauche du plan à 6,9 milliards FCFA.
L’argent devra notamment soutenir une chaîne allant de la détection précoce à la prise en charge, en passant par l’orientation des cas suspects, la surveillance des voyageurs et la sécurisation des points d’entrée. Neuf protocoles communs sont en cours de finalisation. Ils couvrent également un sujet aussi sensible que les inhumations sécurisées et dignes.
À Bangui, l’enjeu dépasse donc la seule mobilisation financière. Les participants veulent instaurer un mécanisme de partage des données sanitaires en temps réel, harmoniser les procédures de dépistage et créer un groupe de travail technique inter-États. Un calendrier opérationnel doit également accélérer la mise à niveau des dispositifs nationaux.
Les 6,9 milliards FCFA ne constituent ainsi qu’une première ligne de défense. Leur efficacité dépendra de la capacité des États à coordonner leurs moyens, partager leurs informations et agir avant que le virus ne transforme une frontière en zone de vulnérabilité.
Bobo Ousmanou.



