À Bertoua (Est-Cameroun) : le C2D souffle ses vingt bougies… sur le terrain
Vingt ans après son lancement, le Contrat de désendettement et de développement (C2D) s’offre une fête populaire à Bertoua. Derrière les ballons et les trophées, un bilan à regarder en face : celui d’une dette transformée en routes, écoles, marchés et emplois.

À Bertoua, même les anniversaires ont le sens du terrain. Pour ses vingt ans au Cameroun, le C2D ne s’est pas contenté d’une cérémonie en costume-cravate et de quelques discours sous climatisation. Les 21 et 22 août, il a investi la capitale de l’Est avec un tournoi multisports, une caravane, des animations culturelles et une grande fête populaire au parc Sembe Lecco. Comme si, après vingt années de rapports, de réunions et de tableaux de suivi, le programme voulait enfin vérifier si les habitants avaient bien reçu le message.
La dette change de visage
Le principe du C2D tient en quelques mots : les remboursements de dette dus par le Cameroun à la France sont réaffectés au financement de projets de développement. Depuis 2006, le mécanisme intervient dans les infrastructures, la santé, l’éducation, l’agriculture ou encore la formation professionnelle. Le troisième contrat, signé en 2016, pèse à lui seul 401 milliards FCFA.
Mais un mécanisme financier devient intéressant lorsqu’il finit par avoir une adresse. À Bertoua, celle-ci se lit sur les 17,5 kilomètres de voiries réhabilitées, les 70 candélabres solaires, les dix forages, les deux gares routières et les trois marchés réalisés dans le cadre du programme « Capitales Régionales ».
Le C2D revendique aussi un bilan social conséquent. Dans la région, 2 737 instituteurs vacataires et maîtres des parents ont été contractualisés. Quelque 149 salles de classe ont été construites et 50 réhabilitées, avec 5 910 tables-bancs. De quoi rappeler que derrière les acronymes administratifs se trouvent parfois des choses beaucoup plus simples : un enfant assis devant un pupitre, une route praticable, une maternité mieux équipée.
Les chiffres ont des visages
Dans les campagnes, le bilan prend encore une autre couleur. Le programme ACEFA a accompagné 1 280 groupes de producteurs et 23 organisations professionnelles agricoles. Avec AFOP, 884 jeunes ont été formés aux métiers agricoles et halieutiques, dont 512 étaient déjà insérés, parmi lesquels 183 femmes, selon les données du STADE-C2D.
Le PNDP, autre bras du dispositif, comptabilise 361 microprojets et 21 Plans communaux de développement dans la région de l’Est.
Alors, il y a eu du volleyball, du basketball, des motos-taxis, des patineurs, de la musique et un gâteau. Après tout, vingt ans, cela se fête. Mais la vraie célébration se trouve peut-être ailleurs : dans cette tentative de transformer une mécanique de dette en équipements visibles et en opportunités concrètes.
À Bertoua, le C2D a soufflé sur ses bougies. Et, pour une fois, le gâteau d’anniversaire avait une drôle d’allure : il ressemblait à une route, à une école, à un forage, à un marché. Bref, à un bilan que l’on peut toucher du doigt.
Ongoung Zong Bella



