Aba’a Milang Man Ekang : l’école de la pensée Ekang fait son chemin
Beti, Bulu et Fang retrouvent désormai le sentiers de l’arbre à palabres pour reconstruire l’union du people Ekang.

La monidialisation constitue un défi majeur pour la pérénniation des cultures africaines en general et camerounaises. Le continent, pourtant dôté d’un patrimoine culturel immense en est réduit à consommer des modèles importés. Une situation que veut changer a dignité Ndi Mveng André, Zomlo’o du groupement Mvog Manga. Pour y arriver, il a créé l’ “Aba’a Milang Man Ekang”, l’école de la pensée Ekang. « nous ne parlons pas de politique, nous faisons un retour vers nos bases », souligne-t-il au sujet de la portée de l’initiative.
En termes clairs, le guide spitrituel Ekang organize une immersion dans les pratiques de sociabilisation d’antan. Notamment, en mettant en place un cadre de dialogue communautaire et de transmission culturel. « nos parents se réunissaient soient très tôt le matin ou en soirée autour d’un feu, d’un domicile voir dans une cuisine avec un verre ou en marchant un bon plan. Ces rencontres permettaient aux anciens de parler des problèmes et de connaître les les affaires de communauté », rappel t-il.
Se parler, se pardonner
Pour le Zomlo’o Etoundi Atangana, Zomlo’o dans la Mefou et Akono, et grand Oracle de la culture Beti L’objectif affichéde cette grande école de la pensée est de se rencontrer, se parler, et se pardonner. Dialoguer certainement, mais pas de n’importe quelle manière. Suivant les codes lingustiques et traditionnels de ce people de la forêt. Aba’a Milang Man Ekang met ainsi un accent sur ces deux éléments. «Nos enfants ne parlent pas et ne savent pas parler soit le Kolo, le Bulu, l’Eton. Du coup, ils sont perdus. Ils ne sont pas français. Ils ne sont, pas Anglais ils sont Ekang mais aujourd’hui ils ne comprennent rien », explique le promoteur. Le deuxième point est tout aussi problématique en son genre. Le Zomlo’o Etoundi Atangana en donne un apercu. «Un peuple qui ne connais pas sa tradition est aveugle. Nos enfants n’ont plus de repères et ne respectent pas les anciens d’où la dépravation des mœurs ». Il est donc question de ramener les jeunes et les générations futures vers le droit chemin.
A l’Ecole de la pensée Ekang, un accent est aussi mis sur la transmission du savoir-faire medical ancestral. « Nous avons une flore très riche qui peut nous permettre d’avoir une bonne santé. En retournant vers la médecine traditionnelle on limite les risques d’effets secondaires des médicaments conventionnels », indique le Zomlo’o Etoundi Atangana.
Un coup d’oeil est dans la foulée sur les nouveaux modes alimentaires des fils et filles Ekang? Mais plus encore, sur leur impact sur la santé. Les Zomlo’o, pendent que les Ekang ne s’alimentent pas bien. D’où la prolifération des maladies autrefois inconnues dans la grande aire géographique du Centre-Sud-Est. «Notre alimentation qui alternait nourriture fade (sans sel) et nourriture avec sel n’existe plus. Je prends le cas du «Pwem» sans sel que bon nombre de personnes ne consomment plus. Quand même ils le mange ils ajoutent trop de sucre. Bienvenue le diabète. Nous devons apprendre à retourner aux sources. Et tout commence par la nourriture», conclut Sa Majesté Amougou Manga.
André Gromyko Balla


