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BTP : le pari de l’emploi commence sur les chantiers

À Yaoundé, le gouvernement et une entreprise chinoise s’allient pour réduire la distance entre le diplôme et le premier emploi.

Pendant longtemps, le diplôme d’ingénieur a souvent ressemblé à un passeport sans visa pour le marché du travail. Au Cameroun, nombre de jeunes diplômés des filières techniques quittent les amphithéâtres avec un solide bagage théorique, mais peu d’expérience de terrain. C’est précisément ce fossé que le gouvernement entend combler à travers un accord tripartite signé le 3 août à l’École nationale supérieure des travaux publics (ENSTP) de Yaoundé.

Autour de la même table, le MINESUP (ministère de l’Enseignement supérieur), l’ENSTP et China First Highway Engineering Company (CFHEC) ont officialisé un partenariat destiné à professionnaliser davantage la formation des futurs ingénieurs des BTP. Une initiative qui s’inscrit dans le prolongement de l’accord-cadre conclu en janvier dernier entre le MINESUP et l’entreprise chinoise.

L’idée est simple : rapprocher l’université du chantier. Concrètement, les étudiants bénéficieront d’une dizaine de jours de formation animée par des ingénieurs de CFHEC, d’une certification professionnelle délivrée par l’entreprise et, surtout, d’un stage d’immersion de deux mois sur les chantiers qu’elle pilote au Cameroun. Une expérience qui dépasse le simple stage académique en offrant une confrontation directe aux exigences du métier.

Pour le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, cette formule répond à une priorité devenue incontournable : rendre les diplômés immédiatement opérationnels. Derrière cette ambition se dessine une réalité bien connue du secteur. Les entreprises recherchent des profils capables d’intégrer rapidement les équipes de chantier, de maîtriser les procédures techniques et de s’adapter aux contraintes d’exécution. Les recruteurs accordent désormais autant d’importance aux compétences pratiques qu’au diplôme lui-même.

La certification promise par CFHEC constitue ainsi un signal supplémentaire sur un marché de l’emploi de plus en plus concurrentiel. Au-delà du parchemin universitaire, les futurs ingénieurs disposeront d’une reconnaissance délivrée par une entreprise internationale fortement impliquée dans les infrastructures camerounaises.

Le gouvernement veut aller plus loin. Le ministère des Travaux publics annonce déjà des rencontres d’information afin de présenter aux étudiants les dispositifs d’accompagnement existants pour favoriser leur insertion professionnelle. Une manière de rappeler que la bataille de l’emploi ne se gagne pas uniquement dans les salles de cours, mais aussi au contact des entreprises.
Dans un pays où les grands projets d’infrastructures se multiplient, le défi n’est plus seulement de former des ingénieurs. Il est désormais de faire en sorte que le premier jour après le diplôme ne soit plus le premier jour du chômage.

Rémy Biniou

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