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BUDGET 2027 : Paul Biya fixe le cap

Dans une circulaire signée le 12 octobre 2026, le président de la République, Paul Biya, défini les orientations devant guider l’élaboration du budget de l’État pour l’exercice 2027. Priorité aux investissements structurants, l’accélération de l’import-substitution et la consolidation des recettes internes.

Le gouvernement camerounais abordera l’année 2027 avec des objectifs macroéconomiques jugés prudents. La circulaire présidentielle table sur une croissance réelle de 3,6 %, une inflation contenue à 3,2 % et un déficit budgétaire limité à 3,2 % du PIB. Pour le ministère des Finances, la mobilisation accrue des recettes non pétrolières constitue l’un des principaux leviers permettant de soutenir ces ambitions. « La diversification des sources de revenus de l’État est devenue une nécessité. Les recettes fiscales internes doivent progressivement prendre le relais des revenus pétroliers afin de garantir la stabilité budgétaire sur le long terme », analyse un responsable de l’administration fiscale sous couvert d’anonymat. Cette orientation s’inscrit dans un contexte où les économies dépendantes des matières premières restent exposées aux fluctuations des marchés internationaux.

L’import-substitution
Le document présidentiel accorde une place centrale au Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique (Pisah). L’objectif affiché est de renforcer la production locale et de réduire les importations de biens pouvant être produits sur le territoire national.

À Yaoundé, le producteur agricole Jean Akomezoa voit dans cette mesure une opportunité à condition qu’elle soit accompagnée d’actions concrètes. « Les producteurs ont surtout besoin d’intrants disponibles et abordables. Si l’État facilite réellement l’accès aux semences améliorées, aux engrais et au crédit, la production locale pourra augmenter significativement », estime-t-il.
Même son de cloche du côté des opérateurs économiques. Pour Célestin Mongoué, dirigeant d’une PME spécialisée dans la transformation agroalimentaire, la réussite de la politique d’import-substitution dépendra également de la qualité des infrastructures. « Produire localement est une bonne chose mais il faut ensuite transporter les marchandises rapidement et à moindre coût. Les routes, l’énergie et la logistique seront déterminantes », souligne-t-il.

Énergie, transport et industrie
La circulaire réaffirme la priorité accordée aux projets structurants. Le barrage hydroélectrique de Kikot, l’autoroute Yaoundé-Douala, la ligne de transport associée au barrage de Nachtigal ainsi que la réhabilitation de la Société nationale de raffinage (Sonara) figurent parmi les investissements à accélérer.

Pour l’universitaire Cyrille Tchoua ce choix répond à une logique de compétitivité. « Le déficit en infrastructures reste l’un des principaux freins à la transformation économique du Cameroun. Les investissements dans l’énergie et les transports ont un effet multiplicateur sur l’ensemble des secteurs productifs », explique-t-il. Selon lui, la question essentielle demeure celle du rythme d’exécution des projets et de la capacité des administrations à respecter les calendriers annoncés.

Pouvoir d’achat
L’un des messages les plus remarqués de la circulaire concerne la nécessité de préserver le pouvoir d’achat des ménages. Paul Biya demande en effet que les mesures de mobilisation des recettes n’affectent ni la compétitivité des entreprises ni les conditions de vie des populations. Une orientation saluée par plusieurs observateurs. Le gouvernement entend ainsi privilégier l’élargissement de l’assiette fiscale plutôt qu’un alourdissement généralisé de la pression sur les acteurs déjà imposés.
La circulaire met également l’accent sur une meilleure répartition des ressources destinées aux collectivités territoriales décentralisées. Pour le conseiller municipal Roger Mbiandou cette orientation est particulièrement attendue. « Les communes ont des besoins très différents selon leur niveau de développement. Une meilleure prise en compte des réalités locales permettrait d’améliorer l’accès aux services publics de base et de réduire certaines inégalités territoriales », affirme-t-il.
Au-delà des transferts financiers, plusieurs élus locaux plaident pour un renforcement des capacités techniques afin d’assurer une gestion plus efficace des ressources allouées.
À travers les orientations du budget 2027, le président Paul Biya réaffirme la volonté de bâtir une économie davantage centrée sur la production locale, les infrastructures et la résilience budgétaire.

Tom

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