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CEEAC : l’intégration attend toujours le virement

Venue à Yaoundé pour sauver les finances de la CEEAC, la présidente du Conseil des ministres plaide pour le reversement régulier des contributions communautaires.

Au-delà des sourires, la situation est grave…

À Yaoundé, mardi 4 août, la diplomatie d’Afrique centrale a remis les comptes au cœur de la politique. Reçue par le ministre camerounais des Relations extérieures, Mbella Mbella, la délégation conduite par Rosario Mbasogo Kung, présidente en exercice du Conseil des ministres de la CEEAC, n’était pas venue annoncer un nouveau traité. Son message était plus terre à terre : demander aux États membres de payer ce qu’ils doivent.

Au menu des échanges, un plaidoyer pour le reversement régulier de la Contribution communautaire d’intégration (CCI), cette taxe de 0,4 % prélevée sur les importations en provenance des pays tiers, ainsi que pour l’apurement des arriérés de contributions. Sans ces ressources, difficile de financer les ambitions d’une organisation qui rassemble 11 États et près de 200 millions d’habitants.

Le paradoxe est connu. L’Afrique centrale regorge de pétrole, de gaz, de minerais, de forêts et d’un immense potentiel économique. Pourtant, son organisation d’intégration peine encore à assurer un financement régulier de ses propres activités. Derrière les sommets, les communiqués et les grandes déclarations, la question reste obstinément comptable : qui paie, et quand ?
Pour la présidente du Conseil des ministres de la CEEAC, la réponse est urgente. Le rétablissement de l’équilibre budgétaire conditionne la mise en œuvre des projets communautaires, le fonctionnement des institutions et la crédibilité de la Communauté auprès de ses partenaires.

Autrement dit, sans trésorerie, l’intégration risque de demeurer un chantier perpétuellement inauguré.
Le Cameroun, qui accueillait cette rencontre en présence du président de la Commission de la CEEAC, Ézéchiel Nibigira, a réaffirmé son attachement à une communauté plus forte et plus intégrée. Reste désormais à transformer les engagements politiques en recettes effectives. Car une communauté économique ne vit pas seulement de visions communes. Elle vit aussi de contributions… effectivement encaissées.

Ongoung Zong Bella

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