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CEMAC-INTERPOL : la coopération policière au service des frontières

Le 21 octobre 2026, à Yaoundé, la coopération sécuritaire entre la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et l’Organisation internationale de police criminelle (INTERPOL) s’est invitée au cœur des discussions régionales.

En marge de la 6ᵉ session ordinaire du Conseil des chefs de police d’Afrique centrale, le président de la Commission de la CEMAC, Baltasar Engonga Edjo’o, a reçu en audience Lucas Philippe, président d’INTERPOL. Au centre des échanges : le renforcement de la collaboration entre les deux institutions pour mieux lutter contre la criminalité transfrontalière et accompagner la mise en œuvre de la libre circulation des personnes et des biens. L’ambition est de faire de la coopération policière un levier concret de l’intégration régionale, dans un espace où la mobilité croissante exige des mécanismes de contrôle mieux coordonnés.

Mutualiser
La CEMAC entend notamment s’appuyer sur l’expertise technique d’INTERPOL pour renforcer les capacités des services de police aux frontières. Parmi les pistes évoquées figurent l’accès aux bases de données de l’organisation, la formation spécialisée des personnels et l’accompagnement à la création de corps de police dédiés à la surveillance frontalière. Le recours à des lecteurs de passeports biométriques est également envisagé pour améliorer la vérification des identités et faciliter les contrôles. Ces outils pourraient permettre aux services compétents de mieux échanger les renseignements utiles et de détecter plus efficacement les personnes recherchées ou les documents frauduleux, dans le respect des règles applicables.

Coopérer
Au-delà des équipements, l’enjeu réside dans la capacité des États membres à travailler ensemble. Les réseaux criminels ne s’arrêtant pas aux limites territoriales, la réponse policière doit pouvoir dépasser les frontières nationales grâce au partage d’informations, à la coordination et au renforcement des compétences. Pour la CEMAC, cette dynamique doit contribuer à sécuriser les déplacements sans alourdir inutilement les formalités imposées aux voyageurs et aux opérateurs économiques. Le financement des postes-frontières juxtaposés demeure, dans cette perspective, un autre chantier important.
Reste désormais à traduire les échanges institutionnels en actions opérationnelles, avec des moyens, des responsabilités clairement définies et un suivi des résultats. Car la coopération avec INTERPOL ne se mesurera pas seulement à la qualité des audiences, mais à sa capacité à améliorer le travail quotidien des policiers, à renforcer la sécurité des frontières et à rendre la libre circulation plus effective dans les six pays de la Communauté.

Rémy Biniou

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