Commande publique au Fonds routier : muscler l’expertise pour sécuriser 850 millions FCFA d’investissements

À Mbankomo, la structure a engagé un chantier moins visible que les routes, mais tout aussi stratégique : la montée en compétences de ses équipes afin de garantir une exécution plus rigoureuse et plus transparente de la commande publique.

La qualité des infrastructures ne dépend pas uniquement des entreprises qui les construisent. Elle repose aussi sur la capacité des administrations à préparer, attribuer et suivre les marchés publics dans le respect des règles. C’est sur ce levier que le Fonds routier a décidé d’investir en organisant, du 15 au 17 juillet 2026, un séminaire de formation consacré à la gestion de la commande publique à Mbankomo.
Animée par les experts du Collège de Paris, cette session a réuni les collaborateurs de l’institution autour des évolutions réglementaires, des bonnes pratiques de passation des marchés et des exigences de gouvernance qui s’imposent désormais aux établissements publics. L’objectif est clair : réduire les risques d’irrégularités, renforcer l’efficacité des procédures et améliorer la qualité de l’exécution des projets financés.
L’enjeu est d’autant plus important que le Fonds routier a élaboré et mis en œuvre, pour l’exercice 2026, un plan de passation des marchés représentant un engagement budgétaire de 850 millions de francs CFA. Derrière ce montant se dessinent des opérations essentielles à la mobilité nationale : entretien des routes, réhabilitation d’ouvrages d’art, prestations de contrôle ou encore acquisitions de biens et services nécessaires au fonctionnement de l’institution.
Attentes
Pour Aubin Essaïe Moussa, Administrateur du Fonds routier, la professionnalisation des équipes n’est plus une option. « La commande publique n’est plus seulement une compétence souhaitable ; elle est une exigence », a-t-il affirmé devant les participants. Une déclaration qui traduit l’évolution des attentes en matière de gouvernance financière, où la performance se mesure autant à la qualité des infrastructures qu’à la transparence des procédures ayant conduit à leur réalisation.
Au-delà du perfectionnement technique, cette formation traduit une volonté d’inscrire durablement le Fonds routier dans une logique de gestion axée sur les résultats. Une meilleure maîtrise des textes permet d’accélérer les délais de passation, de prévenir les contentieux, de sécuriser les dépenses publiques et d’améliorer le suivi des contrats.
Dans un contexte où les infrastructures routières demeurent un facteur déterminant de compétitivité économique, chaque marché attribué avec rigueur contribue à optimiser l’utilisation des ressources publiques. Le pari du Fonds routier est donc aussi celui de la confiance : faire en sorte que chaque franc engagé produise un impact tangible sur le terrain, à travers des routes mieux entretenues, des ponts réhabilités et des ouvrages livrés dans les délais et conformément aux normes. Une ambition qui place désormais la compétence des équipes au cœur de la performance de l’investissement public.
Jean -René Meva’a Amougou


