Corridors d’Afrique centrale : l’atout FEICOM

Longtemps perçues comme des périphéries éloignées des centres de décision, les communes frontalières pourraient bientôt devenir les nouveaux moteurs de l’intégration régionale en Afrique centrale.

C’est tout le sens de la rencontre tenue entre les responsables du FEICOM et une délégation d’Expertise France, venue présenter le Programme de Mesures d’Accompagnement pour la Réalisation des Corridors Stratégiques d’Afrique Centrale (CORAC 5 et 6), financé par l’Union européenne.
Au-delà de la construction d’infrastructures de transport, le projet mise sur une approche plus ambitieuse : renforcer les capacités des collectivités territoriales, développer des infrastructures de proximité, accompagner les opérateurs économiques locaux et favoriser un développement inclusif le long des grands axes reliant le Cameroun au Tchad et à la République centrafricaine.
Pour le FEICOM, cette orientation s’inscrit dans une continuité. Depuis plusieurs années, l’institution fait des territoires frontaliers un axe majeur de son action. Son Programme d’Appui au Développement des Communes Frontalières (PRADEF) traduit cette volonté d’améliorer l’attractivité économique des communes concernées en leur donnant les moyens de mieux planifier leur développement et de valoriser leurs ressources.
L’établissement public revendique également une expertise reconnue dans l’accompagnement des grands projets territoriaux. À la demande du MINEPAT, il a conduit une étude stratégique dans le cadre du Programme d’Aménagement et de Développement Intégré de la Boucle Minière du Dja (PADI-Dja). L’objectif était d’aider les collectivités à transformer le potentiel minier, forestier et faunique de cette région en véritables leviers de développement local durable.
Cette expérience vient compléter d’autres interventions déjà engagées avec l’appui de la Banque africaine de développement et de la coopération allemande, notamment à travers le PRODESV, sur plusieurs territoires traversés par les corridors stratégiques.
En multipliant les partenariats avec les bailleurs et les opérateurs techniques, le FEICOM cherche désormais à faire émerger une nouvelle gouvernance des territoires de transit. Car les corridors ne sont plus seulement des routes destinées au commerce : ils deviennent des espaces de développement où les collectivités locales sont appelées à jouer un rôle déterminant. Pour le FEICOM, l’intégration régionale ne pourra produire des effets durables que si les communes situées le long de ces axes disposent des moyens d’accompagner la transformation économique de leurs territoires.
Bobo. Ousmanou.


