De l’intégration régionale à une ambition continentale : la FOTRAC fait sa mue
La 17e édition de la Foire qui se tient à Yaoundé du 23 au 31 juillet 2026, marque un virage stratégique en prélude au changement prochain de format et au repositionnement thématique.

La 17e édition de la Foire transfrontalière annuelle d’Afrique centrale (FOTRAC) a officiellement ouvert ses portes au Stade Ahmadou Ahidjo, à Yaoundé, le 24 juillet 2026. Pendant plus de dix ans, ledit évènement a ancré ses racines dans la mythique zone des Trois Frontières, à la jonction du Cameroun, du Gabon et de la Guinée équatoriale. Pour la première fois, elle s’installe au cœur de la capitale politique du Cameroun. Un choix qui, loin d’être simplement géographique, se veut hautement symbolique à en croire Danielle Nlate, présidente du Réseau des femmes actives d’Afrique centrale (REFAC). «Nous étions installés dans la zone frontalière avec certains objectifs, et nous pensons les avoir atteint aujourd’hui», déclare-t-elle en marge de la cérémonie protocolaire.
Laquelle cérémonie A posé les jalons de la mutation vers la Foire Transfrontalière d’Afrique (FOTRA). « Peut-on dire, avec fierté, que l’enfant a grandi? Grandir, c’est mûrir; grandir, c’est étendre son horizon. En s’implantant aujourd’hui à Yaoundé, la FOTRAC démontre qu’elle a dépassé le cadre des échanges micro régionaux pour devenir un véritable carrefour économique sous régional et continental, capable d’attirer les décideurs, les investisseurs et les acteurs économiques d’horizons divers», souligne le vice-président de la CEMAC, Charles Assamba Ongodo, représentant le président de l’institution communautaire.
Repositionnement thématique
La FOTRAC, selon son format actuel a servi les intérêts économiques des femmes entreprenantes de la sous-région ; à travers notamment l’exposition de leurs savoir-faire, la promotion de la libre-circulation entre les États de la sous-région et la mise en réseau de ces dernières pour une offensive en matière de commerce transfrontalier. La tangente envisagée porte vers l’évaluation des politiques régionales, en incluant les questions de prévention des conflits, de paix et de sécurité. Ce repositionnement se retrouve dans le thème officiel retenu pour l’édition : « Évaluer les actions de la coopération transfrontalière socio-économique pour une facilitation pacifique des échanges et l’atteinte des ODD à l’ère de la 4.0.» Lequel est présenté comme un appel à l’action articulé autour de quatre axes : évaluer les actions menées jusqu’ici, favoriser une facilitation pacifique des échanges, accélérer les progrès vers les Objectifs de développement durable, et orienter l’intégration de la sous-région vers la ZLECAF (Zone de libre-échange continentale africaine). «Il faut se mouvoir, il faut briser tout ce qui entrave notre état d’esprit, un peu comme nous le faisons pour les frontières. On n’apprend plus rien des entraves au commerce, à la circulation, aux transports. Le plaidoyer continue. Une Afrique intégrée existe déjà ailleurs ; en Afrique centrale, nous espérons toujours pouvoir partir du Congo démocratique jusqu’à la République du Congo en toute liberté», souligne Danielle Nlate.
L’ambition continentale de la FOTRAC s’aiguise dans un contexte sous régional marqué par de faibles niveaux d’échanges intra régionaux (3%); la prédominance du secteur informel et un tissu industriel encore embryonnaire. La situation sous-tend les nouvelles orientations de la FOTRA. « A Présidente, que le concept et le format revisité, à commencer par sa dénomination et qu’elle passe du statut de simple foire, c’est bien la foire, ma foi, donc qu’elle passe du statut de simple foire, c’est-à-dire un espace où on échange le plus souvent les biens et de temps en temps les services un véritable salon événementiel et professionnel. À Un salon dédié à la mise en commun des expériences et des expertises au partage et au transfert des technologies sud-sud d’abord. Si les autres le veulent, Nord-Sud, et aussi à la création des co-entreprises transnationales en rapport avec la taille de notre marché et avec pour objectif la transformation structurelle de l’économie africaine», a recommandé le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana. Lequel a lancé un appel à un changement des paradigmes, y compris dans les mentalités.
Louise Nsana
FOTRAC 2026 : c’est parti pour une semaine d’affaires à Yaoundé
La Foire transfrontalière annuelle d’Afrique centrale (FOTRAC) a ouvert ses portes vendredi soir à Yaoundé, pour la première fois hors de sa zone historique des Trois Frontières. Axée sous le thème de l’évaluation des politiques d’intégration régionale et de la facilitation pacifique des échanges, cette 17e édition entend marquer un nouveau cap pour la manifestation portée depuis 2012 par le Réseau des Femmes actives d’Afrique Centrale (REFAC).
Devant un parterre d’ambassadeurs, d’autorités administratives et traditionnelles et d’opératrices économiques du Cameroun, du Congo, du Tchad, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Gabon de la Guinée Équatoriale et du Bénin, la présidente du REFAC, Danielle Nlate, a salué une mobilisation « qui ne vise plus seulement l’intégration sous régionale, mais l’intégration continentale ». Cette édition innove par son caractère inclusif en créant un pont vers la jeunesse de la sous-région et du continent. Laquelle a été conviée vendredi à l’école du REFAC pour l’initiation de l’entrepreneuriat aux côtés. Entre expositions, réseautage, B2B, conférences et ateliers, le rendez-vous d’affaires de Yaoundé met en exergue pour des débouchés économiques et perspectifs du marché régional et continental.
Louise Nsana


