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Elections la tête de la SCDV : les droits voisins renaissent de leurs cendres

L’ambition est portée par le bassiste-musicien Aladji Touré. Ce dernier brigue un nouveau mandat avec le dossier de la « copie privée » en ligne de mire.

Le programme ambitieux de Aladji Touré, pour la renaissance de la Scdv

Le secteur de l’art musical de manière globale se porte mal au Cameroun. Les artistes ne vivent pas du fruit de leur labeur, au quotidien, ce sont les lamentations. Les instrumentistes, les comédiens, les producteurs, les diffuseurs ne sont pas exempts. Pour réorganiser le secteur musical, à quelques jours de l’élection du 15 octobre 2026 au perchoir de la SCDV Aladji Touré entend faire renaitre la Société camerounaise des droits voisins (SCDV). Il s’appuie sur son expérience pour mieux conduire la structure. « Depuis cinq décennies, ma vie est consacrée à l’art, à la musique et à la culture. Je suis bassiste, instrumentiste, arrangeur, producteur, éditeur, manager. J’ai connu la scène, les studios, la production, l’édition et les réalités de ceux qui vivent de leur art », souligne-t-il. « Cette expérience m’a appris une chose essentielle : derrière chaque œuvre, chaque enregistrement, chaque prestation artistique, il y a du talent, du travail, des investissements mais aussi des droits qui doivent être reconnus, protégés et reconnus », poursuit-il. Dans son allocution, Aladji Touré trace les contours de la SCDV qu’il souhaite mettre sur pied. « Nous voulons une SCDV plus forte dans la défense des droits, plus efficace dans son organisation, plus transparente dans ses décisions et surtout proche de ses membres », dit-il. « Une SCDV où chacun sait à qui s’adresser, comment suivre son dossier, ce qui est perçu, ce qui reparti et selon les règles. Une SCDV capable de préparer de nouvelles sources de rémunération », renchérit-il. Selon le bassiste toutes nos idées ne seront possibles que grâce à la « Copie privée », qui va permettre de faire asseoir l’art musical, parce que sans copie privée, il n’y a pas de droits voisins. Elle concerne la rémunération des titulaires des droits et la préparation de ressources dont le secteur doit pouvoir bénéficier dans les conditions par les textes.

Léthargie
Il faut rappeler que la SCDV est lancée depuis 2017, puis a sombré dans une léthargie. « J’ai commencé quelque chose, je pense il y a huit ans, accompagné de quelques artistes, on a créé la SCDV, on a connu des difficultés pendant cinq. Ce pourquoi on a été élu, on n’a jamais eu, la copie privée. J’ai passé un mandat blanc sans portefeuille on a bénéficié de 20% à chaque répartition par pitié, ce qui permettait de supporter certaines charges », regrette Aladji Touré. La campagne faite est une main tendue à la communauté artistique en général et ceux strictement liés à la SCDV « parce que nous avons un défi, on envie que les artistes vivent décemment de leur art ». En d’autres termes, il est question de construire une SCDV qui protège mieux, perçoit mieux, repartit mieux, informe mieux et prépare l’avenir des droits voisins. Entre autres priorités, en dehors de la Copie privée, le bassiste et musicien entend renforcer la gouvernance et la transparence, d’améliorer la perception et la répartition des droits, et d’informer, former et accompagner les membres. Malgré l’élection qui se peaufine pour redonner vie à la SCDV, l’artiste Jean Pierre Essome ne rêve plus. Il s’indigne du fait que les artistes meurent chaque jour dans l’indigence sans le moindre soutien du ministère des Arts et de la Culture. Cependant c’est lui qui administre les sociétés de gestion collective. « La SCDV a été administrée pendant deux ans et demi par le ministère des Arts et de la Culture dans l’impunité. C’est une grosse incongruité, ce n’est qu’au Cameroun qu’on vit cela. C’est le nœud du problème. Le jour où les artistes auront un ministre qui travaille pour la culture, on aura à la tête des sociétés des personnes capables, les choses iront bien pour la communauté artistique », fulmine-t-il, très remonté pour avoir reçu 15000 FCFA des droits voisins.

Olivier Mbessité

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