FGI 2026 : la donnée, nouveau socle du numérique public

Du 18 au 20 août à Yaoundé, le Forum sur la gouvernance de l’Internet entend passer des plateformes qui s’ignorent aux systèmes qui dialoguent.

Le numérique camerounais cherche désormais son chaînon manquant : la capacité des systèmes publics à communiquer entre eux. C’est tout l’enjeu du Forum sur la gouvernance de l’Internet au Cameroun (FGI), prévu du 18 au 20 août 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé. Pour cette édition, le ministère des Postes et Télécommunications (MINPOSTEL) place la barre sur un sujet moins spectaculaire que l’intelligence artificielle, mais autrement stratégique : la donnée. Sous le thème « De la fragmentation à l’interopérabilité : faire de la donnée le socle des infrastructures publiques numériques au Cameroun », le FGI 2026 veut s’attaquer à l’un des handicaps classiques de la transformation numérique : la juxtaposition de plateformes, de bases de données et de services qui fonctionnent parfois en silos. À l’heure où l’administration multiplie les téléservices, la question n’est plus seulement
de numériser, mais de faire communiquer le numérique.
Pendant trois jours, administrations, régulateurs, entreprises, experts techniques, universitaires et organisations de la société civile
seront réunis autour de cette équation. Comment permettre à des systèmes conçus séparément d’échanger des informations
de manière sécurisée ? Quels standards adopter ? Qui gouverne la donnée ? Qui en garantit la qualité, la protection et la disponibilité ?
Dans les documents de préparation du MINPOSTEL, l’interopérabilité apparaît ainsi comme une condition de passage à une administration véritablement intégrée. L’ambition est de bâtir des infrastructures publiques numériques capables de soutenir
des services plus simples, plus rapides et mieux coordonnés.
Cette orientation s’inscrit dans la continuité des politiques de développement des infrastructures numériques nationales, notamment du Central African Backbone, qui a accompagné l’extension des réseaux et la promotion des applications « d’e-government».
Contenu Mais l’enjeu dépasse la seule tuyauterie informatique. La donnée est devenue une ressource stratégique.
Son stockage, son partage, sa sécurisation et son utilisation touchent directement à la souveraineté numérique, à la protection
de la vie privée et à la confiance des citoyens. Le FGI devra donc également mettre en balance innovation, cybersécurité et droits
numériques.
Le programme prévoit notamment des échanges sur la sécurisation des infrastructures publiques, la gouvernance responsable
de l’intelligence artificielle, la réduction de la fracture numérique et la participation des jeunes et des femmes. Le FGI Femmes et
le FGI Jeunes devraient ainsi élargir le débat audelà du cercle des experts. Le rendez-vous de Yaoundé intervient après
une année où le MINPOSTEL a multiplié les initiatives autour de la sécurité du cyberespace, de l’innovation et de la citoyenneté
numérique. En juin, le ministère avait notamment consacré une journée à la protection des enfants en ligne et poursuivi ses actions
contre les dérives du cyberespace.
Reste désormais le plus difficile : transformer les recommandations en architecture opérationnelle. Car une donnée qui ne circule
pas, un service qui ne reconnaît pas l’usager d’un autre service et une administration enfermée dans son propre système constituent
autant de murs invisibles. À Yaoundé, le FGI 2026 veut précisément commencer à les faire tomber.
Jean René Meva’a Amougou


