Luc Magloire Mbarga Atangana

Le cacao a trouvé un avocat qui n’a pas peur de casser les cabosses. Au Forum sur la rémunération des producteurs, ouvert mercredi à Yaoundé, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a choisi de remuer la marmite plutôt que d’en surveiller le couvercle.

Son constat est sans détour : la richesse de la filière ne ruisselle pas jusqu’à ceux qui font pousser les fèves. « Aucun sujet ne doit être tabou », a-t-il martelé, invitant tous les acteurs à revoir le partage de la valeur.
Avec une formule qui a marqué les esprits, le ministre a estimé que, sous d’autres cieux, une telle précarité aurait déjà provoqué une crise sociale majeure chez les producteurs. Une manière de rappeler que derrière chaque cabosse se cache une famille, pas seulement un cours de Bourse.
Luc Magloire Mbarga Atangana a également braqué les projecteurs sur la transformation locale. Le Cameroun dispose d’une capacité industrielle d’environ 250 000 tonnes, soit de quoi absorber presque toute sa production, tandis que le Nigeria voisin en réclame toujours davantage. Alors pourquoi continuer à subir les montagnes russes des marchés internationaux ? Le ministre pose aussi la question des contreparties aux avantages fiscaux accordés aux transformateurs.
En somme, le patron du Commerce a lancé un pavé… dans une tasse de chocolat. Reste désormais à savoir si, des paroles aux actes, la filière fera enfin fondre les vieux réflexes pour offrir aux planteurs une part plus généreuse du gâteau… ou plutôt de la tablette.


