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Monts Mandara : un nouveau parti politique en attente de reconnaissance administrative

Déposé depuis le 7 novembre 2025 auprès des services du gouverneur de l’Extrême-Nord, le dossier de création de l’Union des Mouvements Citoyens Camerounais (UMC) suit toujours son cours administratif. Entre attentes des fondateurs, prudence des autorités et interrogations des observateurs, cette initiative relance le débat sur le renouvellement de l’offre politique dans le septentrion.

Les Monts Mandara vue de ses sommets

Dans les Monts Mandara, les discussions politiques s’invitent désormais aussi bien sur les marchés que dans les cercles associatifs. À Mokolo, Tokombéré ou encore Maroua, la naissance annoncée de l’Union des Mouvements Citoyens Camerounais (UMC) suscite curiosité et attentes. Si le parti ne dispose pas encore de son récépissé de création, ses promoteurs affirment avoir franchi toutes les étapes prévues par la législation en vigueur. Selon le docteur Waldé Enoc, membre du Bureau Exécutif National du mouvement, le dossier de création a été déposé le 7 novembre 2025 auprès des services du gouverneur de l’Extrême-Nord. Statuts, règlement intérieur, procès-verbal de l’assemblée constitutive et projet de société figureraient parmi les pièces transmises conformément à la loi n°90/056 du 19 décembre 1990 relative aux partis politiques. Les initiateurs précisent qu’aucune notification de rejet ni demande de complément ne leur est parvenue depuis ce dépôt. « Nous avons choisi de respecter scrupuleusement le cadre légal. Notre attente aujourd’hui porte uniquement sur la délivrance du récépissé afin de poursuivre nos activités dans la transparence », explique-t-il.

Dans les localités du Grand-Nord, certains habitants voient dans cette initiative une opportunité d’élargir le débat politique. « Beaucoup de jeunes souhaitent entendre de nouveaux discours sur l’emploi, l’éducation et la gouvernance. Si ce parti apporte des propositions crédibles, il trouvera certainement une oreille attentive », estime Ganava Abdou, commerçant au marché de Mokolo. D’autres préfèrent toutefois rester prudents. « Les partis politiques sont nombreux au Cameroun. Ce qui compte, ce sont les actions sur le terrain et la capacité à rester proche des populations après les élections », observe Marie Djouldé, enseignante à Maroua.
L’UMC revendique un ancrage dans les régions de l’Extrême-Nord, du Nord et de l’Adamaoua, tout en affichant une ambition nationale. Sa devise, « Résister, Refonder, Réconcilier », traduit, selon ses responsables, une volonté de promouvoir une gouvernance plus inclusive, de renforcer la participation des jeunes et des femmes et de lutter contre les pratiques clientélistes.
Du côté des autorités administratives, le traitement des demandes de légalisation relève d’une procédure encadrée par les textes. Contacté, un responsable des services territoriaux de l’Extrême-Nord, qui n’a pas souhaité être cité, rappelle que « les dossiers suivent un circuit administratif précis et que seule l’autorité compétente est habilitée à délivrer le récépissé lorsque toutes les conditions sont réunies ». Il s’abstient toutefois de commenter le cas particulier de l’UMC.

Pour le politologue Jewa Salomon, l’émergence de nouvelles formations traduit une évolution du paysage politique national. « Les régions septentrionales ont longtemps été perçues comme des bastions électoraux relativement stables. L’apparition de nouveaux acteurs traduit une volonté d’une partie des élites et des citoyens de diversifier l’offre politique. La véritable épreuve restera cependant celle de l’implantation locale et de la capacité à convaincre durablement les électeurs », analyse-t-il.
Dans un contexte marqué par les préparatifs des prochaines échéances électorales, l’apparition de nouveaux partis reste un indicateur de la vitalité du pluralisme politique, même si leur reconnaissance administrative demeure une étape décisive. Pour l’UMC, le défi dépasse désormais la seule obtention du récépissé : il s’agira de transformer une ambition citoyenne en une organisation durable, capable de s’imposer dans un paysage politique où les formations historiques disposent encore d’un solide ancrage.
En attendant l’issue de la procédure administrative, les promoteurs du mouvement disent poursuivre leurs activités de sensibilisation dans le respect des textes, convaincus que leur projet trouvera sa place dans le débat démocratique camerounais.

Bobo Ousmanou

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