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Queen Eteme : la voix en or, de l’or dans le cœur

Du gospel au Folk en passant par le jazz, le Blues et la Soul, la Diva Queen Eteme continue d’influencer la scène musicale camerounaise. Aujourd’hui, après près de 30 ans de carrière, l’artiste franchit de nouveaux paliers par un engagement social actif, en faveur des femmes et de la culture.

Assise à l’une des tables rectangulaires du coin gastronomique du site de la Foire transfrontalière d’Afrique centrale (FOTRAC) le 31 juillet 2026, Queen Eteme fait entendre ses opinions sur le déroulé de cet évènement. Mi-figue mi-raisin dans sa posture, l’artiste évalue les défis à venir pour le rayonnement de cette Foire dans la ville de Yaoundé. Les idées, pour y parvenir, foisonnent dans son esprit et la langue se délie avec clarté pour en donner un bref aperçu tout au long de l’entretien que nous avons avec elle. 30 minutes d’un jeu de questions-réponses au total; qui ont permis d’entrevoir une nouvelle face de cette artiste musicienne dont le talent et la voix marque depuis près d’une trentaine d’années, la scène musicale camerounaise.

Au travers notamment des œuvres mythiques comme Soki (2003), Lafi (2008), Amazing Experience (2023). Hors scène cependant, Queen Eteme vit une seconde passion. L’engagement social qu’elle lie intimement à sa posture d’acteur culturel et au poids d’une éducation maternelle très tôt axée sur la responsabilisation, entre autres. « De plus, je suis l’aînée d’une famille de six enfants, donc je suis un leader naturel. En tant qu’aînée, ma mère étant commerçante, partant sans cesse au Gabon ou ailleurs pour vendre, j’étais obligée de m’occuper de mes frères et sœurs, de la famille. Alors qu’à 8 ou 9 ans mes camarades allaient jouer à la poupée, moi j’allais au marché, malgré ma petite taille, je tenais les étals, puis je rentrais préparer à manger. Vous comprenez qu’on ne peut pas avoir la même trajectoire; cela forge forcément un caractère atypique», explique cette dernière.

Queen Eteme, de son patronyme Delphine Eteme, milite pour la cause. Elle poursuit le rêve d’une revalorisation de la culture camerounaise et plus large africaine. Et dans sa bouche, l’intégration culturelle prend une tournure sociale qui efface le simple divertissement. «Qu’est-ce qui pousse les gens à faire la guerre? C’est le manque de célébration. Vous avez vu que, quand on organise les Awards, quand on fait des concerts, cela casse les barrières sociales», lance-t-elle, joignant à la parole un balancement d’épaules en signe de conviction.

Queen Eteme, soutient diverses initiatives visant à promouvoir et faciliter l’autonomisation des femmes, à l’instar de la FOTRAC. Son nom est par ailleurs associé à plusieurs évènements de défense de la cause des enfants. En avril 2018, elle sort un single « Children of Africa ». Une œuvre engagée qui rend hommage aux enfants du continent. A l’en croire, il s’agit d’actions guidées par un héritage à elle laissée par des figures de proue. « Je ne peux pas m’arrêter de travailler, parce que mon pays a besoin de moi, l’Afrique a besoin de moi. Miriam Makeba est partie, Manu Dibango est parti ils ont fait leur part du travail. C’est vrai qu’il y a eu, entre-temps, une génération qui n’a pas fait la sienne, et vous en avez vu les dégâts. Nous ne pouvons donc pas nous cacher derrière le fait que d’autres ne font pas leur part : nous faisons la nôtre. Et il faudra continuer là où on s’arrêtera. En fait, c’est une chaîne. On ne peut pas s’arrêter », conclut-elle. Alors, Queen Eteme fait sa part en marchant sur les pas de ces personnalités qui ont meublé son passé, contribuant à façonner l’artiste d’or qu’elle est dans sa voix et son âme.

Louise Nsana

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