Intempéries : Cameroun sous alerte multiple
Pluies torrentielles, grêle et risques d’inondations simultanés placent plusieurs régions du pays sous forte vigilance, révélant une vulnérabilité accrue face aux dérèglements climatiques.

Les spécialistes de la météo envisageaient que cela arriverait entre le 26 et le 31 mars 2026. La semaine dernière, ils ont dû revoir leur copie. « Jusqu’au 10 avril prochain, des tempêtes de grêle sont annoncées dans plusieurs localités, avec des conséquences possibles sur les cultures, les toitures et les infrastructures légère ». Un épisode qui, à lui seul, suffirait à mobiliser l’attention. Mais c’est surtout la concomitance des phénomènes qui inquiète.
Car, dans le même intervalle, des pluies torrentielles sont attendues entre le 1er et le 10 avril dans des villes comme Yaoundé, Douala, Kribi ou Mbouda. Dans ces agglomérations déjà confrontées à des insuffisances en matière de drainage, les précipitations pourraient provoquer des inondations soudaines, perturber la circulation et occasionner des dégâts matériels.
Cette superposition des risques constitue le principal point de vigilance. « En quelques jours, le pays pourrait être confronté à une diversité d’aléas touchant aussi bien le nord sahélien que les hauts plateaux, les zones forestières et les régions côtières. Une configuration qui complexifie la gestion des urgences et exige une coordination renforcée des dispositifs de prévention », souffle une source à l’Observatoire national des changements climatiques du Cameroun.
Pour les populations, l’appel à la prudence est immédiat. Pour les autorités locales, l’enjeu est double : anticiper les impacts et limiter les dégâts dans un contexte où les marges d’intervention restent parfois contraintes.
Au-delà de cet épisode, ces prévisions s’inscrivent dans une tendance plus large. Dans son rapport sur le climat et le développement publié en 2022, la Banque mondiale soulignait déjà que le changement climatique affecterait différemment les zones du Cameroun, avec une intensification attendue des phénomènes extrêmes.
Derrière l’alerte ponctuelle, se dessine ainsi une problématique structurelle : celle de la capacité du pays à faire face à des chocs climatiques de plus en plus fréquents et contrastés. Entre sécurité des populations, protection des activités économiques et résilience des territoires, le défi dépasse désormais la seule gestion de crise pour s’inscrire dans une logique d’adaptation durable.
Bobo Ousmanou



