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Contre les féminicides, : la lutte se mène en T-shirt

Porter un T-shirt pour dire non aux féminicides et aux infanticides. C’est le nouveau mot d’ordre lancé par le ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille.

Le problème des féminicides prend de l’ampleur au Cameroun et face à la tare, la ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille se lance en quête d’impact. C’est dans cet ordre d’idées que Marie-Thérèse Abena Ondoa lance le concept des vendredi en rouge au sein de son département ministériel. L’idée concrète est que tous les membres du personnel arborent des t-shirt rouges avec des messages de sensibilisation durant l’exercice de leurs fonctions. C’est dire qu’il faut combattre le phénomène par l’image. Le cataloguer pour lui ôter toute façade de banalité. Et dans le même temps, garder la conscience commune en alerte. La mobilisation envisagée se veut visible, collective, répititive. Suffisamment pour disséminer des messages subliminaux aux cerveaux de qui verrait ou en entendrait parler.

Le mot d’ordre est suivi à la lettre. Vendredi, 28 août 2026, a marqué le début de la campagne de sensibilisation du MINPROFF. Le message visé est progressivement devenu difficile à ignorer dans les couloirs de ce ministère. « Stop aux féminicides et aux infanticides » ou alors « Disons stop aux violences faites aux femmes et aux filles ».
Ce qui constitue en soi une réponse favorable à la note de service signée le 27 août 2026 par la ministre Marie-Thérèse Abena Ondoa. Les services déconcentrés et les unités techniques spécialisées sont eux aussi invités à suivre la cadence. Ce d’autant plus qu’il s’agit juste de la partie visible des activités menées contre les violences sur les femmes et les enfants. En somme, le message est appelé à circuler dans les rues, les marchés, les transports et autres lieux de vie; même si le concept ne fait pas encore l’unanimité au sein de la population. «C’est plus qu’un devoir pour nous de nous impliquer pour la réussite de cette campagne. Non seulement parce que c’est une exigence professionnelle, mais surtout parce personne n’est à l’abri. Demain on peut m’appeler pour m’annoncer que quelqu’un a tué ma sœur quelque part. Qu’est-ce que je vais faire ? La prévention est la meilleure des manière pour protéger les personnes que nous aimons », souligne Emmanuel N. Personnel dans les services centraux.

La lutte contre les féminicides a conquis plus d’un cœur dans la cité capitale. Aussi, quelques citoyens ont eux aussi décidé de se joindre à l’initiative ministérielle. Julie Viang et son groupe de dix amies ont décidé d’arborer du rouge vendredi avec la mention « Ne tuez pas nos sœurs, laissez un avenir à nos enfants». Les t-shirt circonstanciels ont permis d’affirmer leur positionnement au sein de leur cercle élargi de sport au Stade Ahmadou Ahidjo de Mfandena. Le rouge est ainsi devenu le symbole d’une mobilisation contre les violences faites aux femmes. «C’est quelque chose que nous avions en vue depuis près d’un an mais on avait pas pu le faire pour diverses raisons. La résurgence de ces phénomènes d’assassinat ces dernières semaines, et l’initiative du ministère de la Femme nous a finalement aidé à prendre la décision de le faire. Nous sommes donc sorties pour rendre hommage à une sœur que nous avions perdue à cause des violences conjugales», raconte Julie Viang, quinquagénaire et mère d’enfants.

A plusieurs lieux de là, une organisation de la société civile marque son adhésion pour la cause. Le mouvement « Vendredi Rouge-Cameroun » a pris corps dans une volonté de dénonciation et de conscientisation des foules. Il y est véhiculé un message qui consacre l’utilité de mesures concrètes à mettre en œuvre. Notamment, une bonne prise en charge des victimes de violence ; des mécanismes d’alerte accessibles, l’accompagnement juridique et psychologique, mais aussi une réponse judiciaire ferme lorsque les faits sont établis.

Gaëlle Atangana

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