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Santé publique : médecine traditionnelle en quête d’éthique et déontologie

En dépit du texte qui encadre la médecine traditionnelle, l’urgence d’une charte d’éthique et de déontologie et d’un Ordre national de la médecine traditionnelle s’impose pour une meilleure organisation.

Le Cameroun a célébré la 24e édition de la Journée africaine de la médecine traditionnelle le 31 août dernier. Le fil conducteur de l’événement s’articulait autour du thème : « Réflexion sur les efforts de recherche et de développement en médecine traditionnelle pour la mise en œuvre de la couverture santé universelle sous régionale ». La cérémonie a mobilisé les acteurs et s’est déroulée sous un format décentralisé, sous la houlette du ministre de la Santé publique, le Dr Malachie Manaouda. « La cérémonie a été décentralisée au niveau régional, le MINSANTE a donné instruction pour que les délégués régionaux puissent organiser cette journée. À Yaoundé, ce fut un succès », se réjouit Éric Nkoa Owoundi, représentant du pôle médecine et pharmacopée au ministère des Arts et de la Culture (MINAC). Plusieurs articulations étaient à l’ordre du jour : des descentes sur le terrain, des visites guidées à l’Institut de recherches médicales et d’études des plantes médicinales (IMPM), les tradipraticiens ont visité les laboratoires de l’Université de Yaoundé I pour enfin créer « une franche collaboration entre la médecine conventionnelle et la médecine traditionnelle », précise Éric Nkoa Owoundi. Le pôle médecine et pharmacopée est la vitrine de la médecine traditionnelle. Ils sont nombreux à avoir fait le déplacement pour donner un écho retentissant à l’événement. « C’est le secteur le plus structuré, nous avons déjà cartographié les filières de la médecine traditionnelle. Il y a les praticiens traditionalistes, les phyto-médecins ou phytopraticiens, l’art divinatoire, les herboristes », explique le phytothérapeute.

Loin du faste des festivités, le secteur souffre de plusieurs maux qui freinent son décollage au Cameroun. Entre autres faits mis en exergue, la prolifération de personnes véreuse qui entâchent l’exercice de cette profession, non obstat la loi n° 2024/018 du 23 décembre 2024 relative à l’exercice et à l’organisation de la médecine traditionnelle au Cameroun. D’où l’appel à un code d’éthique et de déontologie professionnelle des pratiques de la médecine traditionnelle au Cameroun.
Au-delà du texte d’éthique et de déontologie, les voix s’élèvent en faveur d’un Ordre national de la médecins traditionnels. « Il faut cet organe qui oriente, structure, organise et sanctionne, qui formule des propositions pour l’avancée de notre secteur d’activité. C’est ce que nous attendons des pouvoirs publics en 2027 », souligne Éric Nkoa Owoundi, représentant départemental du pôle médecine et pharmacopée au MINAC. Les pouvoirs publics doivent soutenir cette idée et aider la corporation à mettre en place cet organe régulateur, celui-ci pourra aider à mieux organiser la médecine ancestrale, à mieux standardiser les pratiques et les services et à créer une atmosphère favorable à une franche collaboration. « Lorsqu’on est ensemble et bien structuré, on est puissant. Nous devons travailler en harmonie avec les acteurs de la médecine conventionnelle afin de recenser et répertorier le potentiel thérapeutique immense que nous avons au Cameroun et, de manière générale, en Afrique, pour l’atteinte de la couverture santé universelle sous régionale », conclut Éric Nkoa Owoundi, phytothérapeute.

Olivier Mbessité

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