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Inscriptions sur les listes électorales : Elécam célèbre la fin d’un processus que les Camerounais ont largement déserté

Le 31 août 2026, le Directeur général d’ELECAM a personnellement assisté aux dernières inscriptions à Ngoumou. Derrière la cérémonie de clôture, se pose une question plus brutale : à qui profitent vraiment ces listes ?

Le 31 août 2026, à 15 h 43, place des fêtes de Ngoumou, une dizaine de citoyens se pressent encore autour des kits d’ELECAM. Le Directeur général des Élections, Erik Essoussé, est présent. Il rappelle l’importance des inscriptions pour « la consolidation du jeu démocratique » et exhorte les nouveaux inscrits à retirer leurs cartes. La scène, soigneusement cadrée, devait symboliser la fin réussie de la révision des listes électorales 2026.

Les camerounais en dressent pourtant un tableau bien moins triomphal. Malgré la multiplication des points d’inscription à Douala, l’affluence est restée « timide ». Les agents d’ELECAM ont passé une bonne partie de la journée à attendre. Le constat est encore plus sévère dans l’Adamaoua. Au 26 août, seulement 14 302 nouveaux inscrits avaient été enregistrés sur un objectif de 28 000, soit un taux de 51,08 %. Même les efforts de sensibilisation dans les marchés et les lieux de culte n’ont pas permis de renverser la tendance.

Ces chiffres contredisent le récit d’un processus massivement approprié par les citoyens. Ils posent une question que la communication d’ELECAM élude systématiquement. Celle de savoir pourquoi tant de Camerounais choisissent-ils de rester en dehors des listes ? La problématique atteint d’autres frontières que le maire de Ngoumou, Jean-Baptiste Amvouna Atemengue, met en évidence : des électeurs inscrits trop loin de leur lieu de résidence, qui finissent par ne pas voter. La réponse d’ELECAM sur le coup est purement technique : le « toilettage des listes » résoudra tout. Comme si la distance des bureaux de vote n’était qu’un détail administratif et non le symptôme d’une organisation électorale qui continue de traiter les populations comme des administrés plutôt que comme des citoyens.

Crédibilité d’ELECAM
La faible mobilisation dans les grandes villes et dans l’Adamaoua interroge la crédibilité même de l’institution. Depuis des années, ELECAM est accusée, à tort ou à raison, de servir de verrou du système. Dans un contexte où les élections législatives et municipales sont annoncées, la qualité des listes n’est pas un enjeu technique. C’est un enjeu de pouvoir. Des listes incomplètes, mal actualisées ou soupçonnées de biais deviennent un instrument de sélection des électeurs avant même le scrutin. En transformant le faible engouement en « paresse » ou en « contraintes quotidiennes » des citoyens, le récit officiel inverse la charge de la preuve. Ce n’est plus à l’institution de prouver sa neutralité et son efficacité. C’est au citoyen de se justifier de ne pas s’être inscrit.

La clôture des inscriptions a eu lieu. Les listes vont maintenant entrer dans la phase de toilettage. Mais tant que le taux de participation à l’inscription restera aussi faible dans plusieurs régions, et tant que les questions de proximité, de confiance et de neutralité resteront sans réponse publique, ces listes risquent de n’être que le miroir d’un système qui parle de démocratie tout en s’accommodant de l’absence d’une partie significative du peuple.

Tom

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