Industrialisation de la filière bois en zone CEMAC : en petits maux face à la surveillance multilatérale

La question de la transformation locale du bois à l’intérieur des frontières nationales est au menu de la mission de la CEMAC.

La mission de surveillance multilatérale de la Communauté économique et monétaire des États de l’Afrique centrale (CEMAC) se tient à Yaoundé et Douala du 1er au 10 septembre 2026, à l’effet d’évaluer la situation économique et financière du Cameroun durant l’année 2025 et les perspectives 2026-2027. Il est par ailleurs question d’examiner la conformité du pays aux critères communautaires de convergence, ainsi que la mise en œuvre des différentes réformes structurelles engagées. C’est dans ce cadre qu’arrive sur la table des experts de la CEMAC le dossier de l’industrialisation de la filière bois, un projet tout aussi sensible que porteur des ambitions nationales et régionales. La tâche pour les experts se résume ici à l’examen des mesures mises en œuvre par le gouvernement pour matérialiser cette ambition. « Il était question d’aller vers une mise en œuvre progressive en ce qui concerne l’interdiction de l’exportation des bois bruts avec des quotas qui ont été fixés. Il faut déjà les respecter avant de passer vers une interdiction totale. Mais en même temps, on devrait aussi s’assurer qu’au niveau national, les dispositions sont prises pour l’industrialisation ou pour le renforcement de l’industrialisation de la filière bois. Il faut aussi veiller à l’impact que cela peut avoir sur la croissance économique et sur le cadre macroéconomique de manière globale », déclare le directeur de la surveillance multilatérale, Jean-Claude Nguemeni.
En attendant l’échéance de 2028 pour l’entrée en vigueur totale de la mesure d’interdiction citée supra, l’industrialisation de la filière suit une progression lente. Et la mesure d’interdiction de l’exportation de bois en grume n’a pas encore véritablement quitté le stade de vœu pieux. Et pour cause : sa matérialisation emporte des défis fiscaux, institutionnels, logistiques et infrastructurels pour des États fortement dépendants de l’exportation de matières premières. Cela, même si les avantages de l’industrialisation de la filière pour en faire un levier durable de diversification et de réduction de la pauvreté ne sont plus à démontrer et suscitent l’adhésion collective. « Avec la zone économique spéciale qui a été mise en œuvre, notamment la zone économique spéciale de Nkok, on voit qu’il y a une effervescence en ce qui concerne l’industrialisation de la filière au Gabon. Le Congo aussi a pris des mesures draconiennes dans le sens de l’interdiction de l’exportation des grumes. La Guinée équatoriale aussi. Et donc, au niveau du Cameroun, on espère que les choses vont aussi bien marcher », souligne le responsable communautaire. La mission de la CEMAC survient au Cameroun alors que le pays a adopté, en avril dernier, une décision élargissant de 15 espèces le nombre d’essences interdites à l’exportation en grumes, les faisant passer de 76 à 91.
Louise Nsana



