A la unePANORAMAPORTRAIT DÉCOUVERTE

Éducation inclusive au Cameroun : dans le flop de la rareté d’outils didactiques

L’École maternelle, primaire inclusive et Centre de traitement et d’éducation spécialisée (OSP Promhandicam-Association) met les bouchées doubles pour l’accueil des enfants déficients le 7 septembre prochain. Mais la rareté des outils didactiques dicte sa loi.

Jour J moins sept pour la rentrée scolaire 2026-2027 et déjà l’effervescence est à son comble dans les établissements scolaires. Le corps enseignant de l’École maternelle, primaire inclusive et Centre de traitement et d’éducation spécialisée (OSP Promhandicam-Association) a repris le chemin des classes le 31 août dernier, avec plusieurs activités à son chronogramme. Il s’agit d’assurer la propreté dans les salles de classe et les extérieurs, ainsi que l’amélioration des infrastructures. Des réunions pédagogiques sont tenues dans la foulée afin d’assurer une préparation optimale pour la reprise des activités pédagogiques le 7 septembre 2026 à 7 h 30. « À une semaine de la rentrée, comme à l’accoutumée, nous avons débuté les inscriptions des élèves. Nous mettons l’accent sur les réunions pédagogiques et psychologiques pour réserver un accueil chaleureux aux nouveaux élèves, surtout ceux de la maternelle et du primaire qui découvrent pour la première fois le centre », confie Éloge Toukan Kamga épouse Fokam, directrice de l’OSP Promhandicam-Association.

Prise de contact
À en croire cette dernière, le jour de la rentrée revêt une importance particulière face à des enfants à besoins spécifiques. C’est tout dire sur le profil des élèves qu’accueille l’établissement. On y compte des déficients visuels, des déficients auditifs, des enfants trisomiques, des personnes à infirmité motrice cérébrale, des enfants déficients intellectuels sévères et légers, ainsi que des élèves autistes. « Nous nous préparons à recevoir tous ces élèves et parents qui viennent au centre pour la première fois et doivent affronter les divers handicaps. Lorsqu’ils voient des enfants avec d’autres handicaps, ils ne doivent pas être traumatisés ou choqués. Les premiers jours de la rentrée scolaire, ils sont souvent réticents. Ils ne sont plus motivés à laisser leurs enfants. Les premières semaines sont consacrées à prendre le pouls et à établir le contact avec les enfants et les parents. Nous les mettons en confiance, nous les rassurons : tout enfant doit aller à l’école, quelle que soit sa difficulté. Nous sommes censés éduquer tous les enfants sans discrimination », laisse entendre la directrice de l’école maternelle, primaire inclusive et du Centre de traitement et d’éducation spécialisée (OSP Promhandicam-Association).

Outils didactiques chers et rares
Les manuels scolaires pour les enfants à besoins spécifiques sont ceux homologués par le ministre de l’Éducation de base, Laurent Serge Etoundi Ngoa. Ils utilisent les livres des enfants valides, à la différence que : « Les outils pour les déficients visuels sont chers et, parfois, ils ne sont pas disponibles dans les librairies. Le livre de français, on le trouve partout. En revanche, ce même livre de français transcrit en braille, on n’en trouve pas et, lorsqu’il faut le transcrire, il coûte très cher. L’avantage pour l’école, c’est l’imprimerie braille qui peut facilement nous le transcrire, mais cela prend du temps. C’est la grande difficulté que nous avons pour le matériel scolaire des enfants avec des déficients visuels et même auditifs », souligne la responsable, dont le propos met à nu les défaillances d’un système éducatif pourtant largement encouragé par l’État du Cameroun, dans l’optique de favoriser le développement de certaines aptitudes au contact d’enfants valides. « À notre niveau, on s’adapte. Même si le personnel enseignant manque de certains outils, on s’adapte pour que personne ne soit à la traîne, car on doit avancer. Nous tendons la main vers l’État pour soutenir l’école afin de mieux former ces enfants, surtout avec la documentation qui est trop chère et parfois très rare, notamment celle dédiée aux déficients visuels et auditifs, et aussi pour aider les enfants autistes et les déficients intellectuels sévères. On est obligés de faire des commandes soit à l’extérieur, soit au niveau local. Le déficient visuel utilise la tablette pour écrire, elle coûte 25 000 FCFA, les outils tactiles, il n’y en a pas », martèle Éloge Toukan Kamga épouse Fokam.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page