Rentrée scolaire 2026-2027 : ces collèges qui préparent déjà le bac de juin

À quelques jours de la reprise des classes, des assemblées sont organisées, des feuilles de route sont remises au personnel enseignant et surtout, la discipline est rappelée pour de meilleurs résultats.

Les examens officiels se tiennent traditionnellement en fin d’année au Cameroun. Et malgré le fait que le calendrier scolaire affiche encore de nombreux mois, les établissements privés confessionnels, sont déjà en mode préparation. Non pas avec les compositions, encore moins avec les révisions de dernière minute ; Mais dans les salles de réunion où chefs d’établissement, enseignants et personnels éducatifs peaufinent leurs méthodes. Ici, le succès scolaire ne se découvre pas au mois de juin comme une bonne surprise dans une enveloppe. Il se prépare dès septembre. Les chiffres du baccalauréat 2026 donnent du poids à cette philosophie. Au Collège catholique bilingue de la Retraite de Yaoundé, 356 candidats ont été déclarés admis sur 390 présents, soit un taux de 91,28 %. Un résultat qui place l’établissement dans cette tradition des collèges confessionnels où la performance aux examens est moins une affaire de miracle que de méthode. La Retraite n’attend donc pas le troisième trimestre pour sortir l’artillerie pédagogique. Elle a tenu son tout premier conseil de classe de l’année le 31 août 2026, à la veille de la rentrée, sous la présidence du nouveau principal, l’abbé Alexandre Messi Mbarga.
Objectif annoncé : 100 % de réussite aux examens. Entre les résultats 2026 de 91,28 % et l’ambition affichée pour la nouvelle année, la marge de progression est clairement identifiée. La stratégie aussi : préparation minutieuse des cours, rigueur dans les fiches pédagogiques, accompagnement des nouveaux enseignants, harmonisation des épreuves et suivi renforcé des apprenants.
Nyong-et-So’o
Les assises de l’éducation organisées les 01er et 2 septembre à l’École nationale des eaux et forêts de Mbalmayo prolongent cette philosophie. Placées sous le thème « Bâtir une école performante et citoyenne », les dites assises ont donné l’opportunité d’une conscientisation. L’archevêque métropolitain, Mgr Joseph-Marie Ndi-Okalla l’a saisie pour rappeler que l’école ne saurait être réduite à une machine à fabriquer des taux de réussite.
Cette vision s’inscrit dans les textes éducatifs de l’Église catholique, de Gravissimum educationis au Pacte éducatif global du pape François, jusqu’aux réflexions du pape Léon XIV sur une « cartographie de l’espérance ». Une manière de dire que derrière chaque candidat se trouve d’abord une personne à construire.
Discipline
Le collège Mazenod de Ngaoundéré s’inscrit dans la même logique d’anticipation. Une retraite réunissant enseignants et personnels d’appui a été organisée à l’orée de la nouvelle année scolaire. L’établissement mise également sur le renforcement de son environnement pédagogique, avec notamment de nouvelles infrastructures scientifiques en 2026. Les chiffres disponibles montrent d’ailleurs que Mazenod possède déjà un historique solide aux examens officiels. Le palmarès accessible de l’OBC fait état, pour une session antérieure, de 175 admis sur 225 candidats présents, soit 77,7 %. La logique est donc claire: consolider les acquis, corriger les faiblesses, préparer les enseignants et enfin veiller à impulser l’implication totale des élèves. À la Retraite comme à Mazenod, l’école confessionnelle entend ainsi transformer la rentrée en premier acte d’une réussite qui se construit sur dix mois. Digitalisation, intelligence artificielle, discipline pédagogique et valeurs éthiques viennent désormais compléter le traditionnel trio cahier-craie-composition. La machine peut aider à préparer un cours. Elle ne fera toutefois jamais l’appel à la place du professeur, ni ne pourra consoler un élève après une mauvaise note. Le pari des établissements confessionnels est précisément là : faire du résultat scolaire la conséquence d’une organisation et non le fruit d’un miracle. Car en matière d’examens, juin est souvent trop tard pour commencer à travailler. Les bons résultats, eux, ont cette élégance discrète.
Olivier Mbessité



