À Penja ( région du Littoral) : la banane raconte les fruits de la coopération européenne
De l’hôpital Saint-Jean-de-Malte aux plantations de la PHP, en passant par les terres du célèbre poivre de Penja, la visite de l’ambassadrice de l’Union européenne au Cameroun met en lumière les retombées concrètes de plus de 31 milliards de FCFA mobilisés entre 2013 et 2024 pour soutenir la filière banane.

À Penja, la coopération internationale prend des couleurs, des senteurs et des visages. Ici, le vert des plantations se mêle au rouge des terres volcaniques. Les régimes de bananes mûrissent sous le soleil, tandis que le poivre, trésor aromatique de la localité, poursuit sa conquête des marchés. Dans ce paysage où l’agriculture fait vivre des milliers de personnes, une autre histoire se raconte : celle des investissements européens et de leurs effets sur le quotidien des populations.
C’est dans cette partie du département du Moungo, dans la région du Littoral, que l’Union européenne a choisi de faire sa première escale. À travers une visite de terrain, l’ambassadrice de l’Union européenne au Cameroun, Veronika Bošković Pohar, est venue apprécier les réalisations soutenues dans le cadre des Mesures d’accompagnement à la banane (MAB).
Le montant donne la mesure de l’engagement : plus de 31 milliards FCFA mobilisés entre 2013 et 2024 pour renforcer la compétitivité de la filière banane au Cameroun. Mais derrière les chiffres, il y a des infrastructures, des emplois, des équipements et des communautés dont les activités dépendent, en partie, de la vitalité de cette production agricole.
À l’hôpital, la coopération au chevet des patients
Première halte : l’hôpital Saint-Jean-de-Malte. Dans cet établissement sanitaire, l’accompagnement européen, à travers la PHP, contribue à la modernisation des équipements médicaux et à l’amélioration de la prise en charge des patients.
Loin des plantations et de leurs longues rangées de bananiers, cette étape rappelle que les retombées d’un investissement agricole peuvent aussi se mesurer dans les services sociaux. Car une filière compétitive ne se résume pas aux volumes exportés. Elle se juge également à sa capacité à participer au développement de son environnement et à améliorer les conditions de vie des populations riveraines.
Dans les coulisses du fruit
Changement de décor. Dans les plantations de la Plantations du Haut Penja (PHP), la banane dévoile ses secrets. Des serres aux champs, du laboratoire aux stations de lavage, chaque étape révèle la précision d’une chaîne de production où la qualité se prépare bien avant que les fruits ne prennent la route des marchés.
Derrière les régimes soigneusement sélectionnés, il y a des gestes maîtrisés, des contrôles rigoureux et une organisation qui engage de nombreux travailleurs. La banane, souvent réduite à sa simple apparence sur les étals, porte ici toute une économie. Elle nourrit les échanges commerciaux, soutient des emplois et participe au dynamisme de la région. Dans les allées des plantations, le paysage agricole se lit ainsi comme une promesse : celle d’une production capable de répondre aux exigences des marchés tout en consolidant son ancrage local.
Le poivre, autre fierté du terroir
À Penja, la banane n’a toutefois pas le monopole des parfums. Le célèbre poivre de Penja, reconnu pour ses qualités aromatiques, occupe lui aussi une place de choix dans cette immersion au cœur du savoir-faire local.Cette épice emblématique témoigne de la diversité des richesses agricoles du Moungo. Elle rappelle surtout que le développement économique du territoire ne dépend pas d’une seule culture, mais d’un ensemble de productions, de compétences et d’initiatives capables de faire rayonner le terroir au-delà des frontières camerounaises.
La visite s’est achevée par une rencontre de courtoisie avec le gouverneur de la région du Littoral, ultime étape institutionnelle de cette première escale.
Pour Veronika Bošković Pohar, l’enjeu est de mesurer les retombées concrètes de l’accompagnement européen sur la production, l’emploi et les initiatives sociales. Une manière de rapprocher les engagements financiers des réalités du terrain.
À Penja, les chiffres ont donc trouvé leur décor : des plantations en mouvement, un hôpital en quête de meilleures capacités de prise en charge et des producteurs attachés à la réputation de leurs récoltes. Ici, la coopération se raconte moins dans les discours que dans les infrastructures, les métiers et les perspectives qu’elle contribue à ouvrir.
La première étape est franchie. Après les terres fertiles de Penja, le prochain rendez-vous est fixé à Douala. Une nouvelle escale pour poursuivre l’exploration des réalisations soutenues par l’Union européenne au Cameroun. Et découvrir, au fil des rencontres, comment les financements se transforment ou non en progrès tangible pour les populations.
Ongoung Zong Bella


